Le 12 octobre 2026 à Varsovie, le général Alexus Grynkewich, commandant suprême de l’Otan en Europe, a présenté une stratégie de dissuasion en trois phases : bloquer, endiguer, puis briser. Cette doctrine militaire adresse un message clair aux états-majors russes : toute agression contre un allié serait « totalement vaine ».
La stratégie en trois phases du général Grynkewich
Lors d’un forum sur la défense à Varsovie, le général Grynkewich a dévoilé sa « théorie de la victoire », un cadre stratégique pour contrer toute offensive contre les 32 membres de l’Alliance atlantique. « Si quelqu’un est assez insensé pour nous attaquer, nous nous battrons », a-t-il affirmé, cité par BFMTV. Le colonel Martin O’Donnell, porte-parole du commandement, a précisé que cette stratégie repose sur une coordination interarmées inédite au sein de l’Otan.
La première phase vise à arrêter toute avancée ennemie dès les premières heures du conflit. Les forces de réaction rapide, notamment en Pologne et dans les pays baltes, joueraient un rôle clé. Ces bataillons multinationaux, présents depuis 2017, visent à empêcher l’ennemi de franchir les lignes défensives et de s’emparer de territoires stratégiques, empêchant ainsi tout gain exploitable par Moscou.
Une fois l’attaque initiale contenue, l’Otan mobiliserait ses renforts pour stabiliser le front. Les corridors logistiques à travers l’Allemagne et la Pologne faciliteraient le déploiement rapide de divisions blindées et d’unités d’artillerie. La modernisation de l’armée polonaise, avec ses 1600 chars commandés, renforce la défense du flanc oriental. Les chasseurs F-35 et Rafale assureraient la supériorité aérienne en Europe centrale.
La phase finale consiste à paralyser la machine militaire adverse par des frappes de précision sur les centres de commandement et les infrastructures logistiques russes. Comme l’a réaffirmé le général Grynkewich selon France Info, l’objectif est de rendre toute attaque contre un allié vaine. Des opérations de contre-offensive seraient également prévues pour rétablir l’intégrité territoriale de l’allié.
Les moyens militaires déployés pour cette dissuasion
Depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022, l’Otan a quadruplé ses effectifs en Europe de l’Est. En Estonie, Lettonie, Lituanie, Pologne, Roumanie, Bulgarie, Hongrie et Slovaquie, plus de 40 000 soldats sont en alerte permanente. Les exercices Defender Europe, organisés chaque année depuis 2020, évaluent la capacité de l’Alliance à mobiliser 300 000 hommes en moins de 30 jours. Les infrastructures renforcées permettent désormais de réduire de 40 % les délais logistiques par rapport à 2020.
Réexamen des forces américaines en Europe
Les États-Unis réévaluent actuellement leur présence militaire en Europe, avec une décision attendue pour 2026. Les 100 000 soldats américains stationnés constituent un pilier de la dissuasion, soutenus par des capacités stratégiques comme les bombardiers B-52 et les systèmes de défense antimissile. Face à l’incertitude politique aux États-Unis, les Européens accélèrent leurs programmes d’armement, tandis que la pression russe sur l’industrie de défense européenne s’intensifie, comme le rapportent les dirigeants du secteur.
Un avertissement clair aux états-majors russes
Le général Grynkewich a souligné qu’un conflit n’est ni imminent ni inévitable : « Je ne considère pas qu’un conflit soit imminent ou inévitable », a-t-il déclaré, selon Le Figaro. La transparence stratégique vise à éviter tout malentendu pouvant mener à une escalade. Cependant, le renseignement danois a noté un « risque faible mais croissant » d’attaques limitées par la Russie contre un pays de l’Otan voisin.
Les incidents hybrides se multiplient, comme les drones explosifs dans les aéroports allemands ou les intrusions aériennes en Roumanie, alimentant les inquiétudes. L’Union européenne vise à être prête pour une crise militaire majeure d’ici 2030. La doctrine Grynkewich s’inscrit dans cette préparation, rendant chaque agression potentielle un échec stratégique pour Moscou.








