Ukraine : Trump lâche Zelensky, l’Europe se retrouve seule

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Ukraine : Trump lâche Zelensky, l'Europe se retrouve seule
Ukraine : Trump lâche Zelensky, l'Europe se retrouve seule | Armees.com

Donald Trump vient de franchir un cap. En suggérant publiquement que Volodymyr Zelensky devrait être « remplacé » et en menaçant Kiev de couper le partage de renseignements, le président américain envoie un signal dévastateur. Pour l’Europe, et pour la France en particulier, l’heure n’est plus aux atermoiements budgétaires : elle est à l’action.

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Le coût d’un simple affrètement pétrolier entre les États-Unis et la Chine — soit davantage qu’un lancement de Falcon 9. L’économie mondiale se reconfigure à une vitesse que nos états-majors politiques peinent encore à mesurer.

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Washington tourne le dos à Kiev — et à l’Europe

Force est de constater qu’il ne s’agit plus d’une posture de négociation. Trump ne bluffe pas. En affirmant publiquement que Zelensky « ne veut pas conclure d’accord » et en laissant entendre que Washington pourrait suspendre le partage de renseignements avec Kiev, le président américain acte une rupture stratégique majeure. Pour les armées ukrainiennes, qui dépendent des satellites, des données de ciblage et du renseignement électronique américain pour une part considérable de leur efficacité opérationnelle, cette menace n’est pas symbolique. Elle est existentielle.

Ce retrait annoncé de Washington n’est pas une surprise pour qui suit sérieusement la géopolitique depuis 2016. L’Amérique First n’a jamais été une parenthèse. C’est une doctrine. Et les Européens qui ont continué à externaliser leur sécurité collective vers l’OTAN — autrement dit vers Washington — ont choisi la facilité budgétaire au détriment de leur souveraineté réelle. La France, malgré des efforts réels depuis 2017 et une Loi de Programmation Militaire 2024-2030 portée à 413 milliards d’euros, reste un arbre dans une forêt clairsemée. Ses partenaires européens, eux, accusent un retard considérable.

L’Europe paie le prix de vingt ans de naïveté stratégique

Je le dis sans ambages : l’Allemagne, malgré son Zeitenwende proclamé en 2022, peine à atteindre les 2% du PIB exigés par l’OTAN. Les Pays-Bas, souvent cités en exemple sur le plan économique, ont littéralement désossé leurs forces armées entre 1991 et 2020, ne conservant qu’une armée de représentation. Résultat : l’Europe est structurellement incapable, aujourd’hui, de suppléer seule aux capacités américaines si Washington se retire du théâtre européen.

Ce n’est pas une question de volonté politique — encore que. C’est d’abord une question de temps, de capacités industrielles, et de cohérence budgétaire. Reconstituer une capacité de renseignement stratégique autonome, des stocks de munitions suffisants, une défense anti-aérienne intégrée : cela prend des années, parfois des décennies. Et cela coûte de l’argent — un argent que les gouvernements européens ont trop longtemps préféré dépenser en assistanat social plutôt qu’en puissance militaire.

La France doit assumer son rôle de pivot continental

La France dispose d’atouts uniques : la dissuasion nucléaire, un siège permanent au Conseil de sécurité, des armées projetables et aguerries par des décennies d’opérations extérieures, une industrie de défense — Naval Group, Airbus Defence, KNDS, Safran — capable de produire des équipements de premier rang mondial. Ce capital stratégique est précieux. Mais il ne suffit pas.

Ce que la situation ukrainienne révèle avec brutalité, c’est que la souveraineté n’est pas un concept philosophique. Elle se budgète. Elle se planifie. Elle s’industrialise. Chaque euro non dépensé en défense aujourd’hui est une dépendance supplémentaire demain — envers Washington, envers les aléas électoraux américains, envers un Trump qui porte aujourd’hui un costume made in Bangladesh en prêchant l’Amérique First.

L’Europe doit se réveiller. Ou accepter de n’être qu’un spectateur de sa propre histoire.

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