« Donald Trump est atteint de troubles mentaux. » C’est en ces termes, dans un communiqué transmis à TIME et à d’autres médias mardi 6 octobre 2026, que le gouverneur de Californie Gavin Newsom a jugé le président américain, autrement dit : Donald Trump est mentalement malade. Il a ajouté, en lettres capitales : « Il est temps d’invoquer le 25e amendement ! ».
La sortie fait suite à des propos tenus par le président la veille, lundi 5 octobre, lors d’un meeting dans le Nebraska.
Trump évoque la possibilité de perdre Los Angeles et San Diego
Devant ses partisans, Trump cherchait à justifier le coût prolongé de la guerre menée contre l’Iran, conflit qu’il avait pourtant promis de clore en quelques semaines. Il a annoncé que les combats se poursuivraient encore plusieurs semaines, jusqu’après les élections de mi-mandat, avant de prendre fin.
Puis il a lâché la phrase qui a mis le feu aux poudres, affirmant qu’ils pouvaient anéantir une ville, que Los Angeles ou San Diego pouvaient être anéanties, et que c’était un très faible prix à payer. Il a qualifié une telle issue de petit prix à payer pour préserver la sécurité du monde et du pays.
Ce n’était pas la première fois que Trump employait cette formule : la semaine précédente, lors d’un meeting à Mobile, en Alabama, il avait tenu des propos similaires sur le coût du pétrole, évoquant une menace nucléaire sur cette même ville.
Pour Newsom, qui effectue son dernier mandat de gouverneur et est largement considéré comme un candidat démocrate potentiel pour 2028, ces propos relèvent de la folie, du danger, voire de la trahison. Sur X, il les a qualifiés de dérangés et dangereux et a affirmé qu’ils plaçaient dans la ligne de mire deux des plus grandes villes du pays ainsi que l’un des plus importants pôles navals américains.
Il a dit avoir ordonné au State Threat Assessment Center de surveiller activement la situation, au cas où des acteurs étrangers interpréteraient les mots du président comme une invitation à cibler la Californie. Newsom a rappelé que plus de 130 000 militaires d’active sont stationnés à San Diego, et s’est agacé du silence du vice-président JD Vance et du secrétaire d’État Marco Rubio.
Ce n’est pas la première fois que Newsom évoque le 25e amendement, qui organise la succession présidentielle et permet de déclarer un président inapte à exercer ses fonctions. Lui et d’autres critiques y voient déjà une réponse à l’incapacité du président à sortir de la guerre déclenchée avec l’Iran en février, et à sa volonté affichée de laisser mourir en masse des civils iraniens et américains.
This is exactly what I warned would happen last year.
Trump is using mass deportations to TERRORIZE diverse communities out of legally voting — ordering his secret police to “go after everybody.”
Donald, your campaign of fear will FAIL. The American people will NOT be…
— Gavin Newsom (@GavinNewsom) October 8, 2026
Une colère largement partagée chez les démocrates californiens
Le sénateur Alex Padilla a fait écho à l’appel de Newsom sur X, en trois mots : « 25e amendement maintenant. » Xavier Becerra, candidat démocrate au poste de gouverneur, a rappelé que 13 millions de Californiens résident dans les comtés de Los Angeles et San Diego, affirmant que leurs vies ne sont pas un faible prix à payer pour Trump.
La maire de Los Angeles, Karen Bass, a jugé la remarque présidentielle complètement irresponsable, rappelant que le rôle d’un président est de protéger le pays, pas de le menacer. Le maire de San Diego, Todd Gloria, a demandé sur les réseaux sociaux à Trump de garder sa ville en dehors de ses discours de guerre irresponsables.
Plus de 40 élus démocrates du Congrès représentant la Californie, dont Padilla et le sénateur Adam Schiff, ont signé une déclaration commune exigeant des excuses présidentielles pour les plus de 16 millions d’habitants des deux villes.
La Maison-Blanche dénonce un emballement médiatique
Le directeur de la communication de la Maison-Blanche, Steven Cheung, a balayé les critiques sur X, assurant que la panique médiatique n’est « pas ancrée dans la réalité ». Selon lui, Trump voulait simplement rappeler que les villes américaines auraient été menacées si un Iran doté de l’arme nucléaire n’avait pas été stoppé.
« L’Amérique est plus sûre grâce au président. L’Iran ne possède ni nucléaire, ni marine, ni armée de l’air, ni argent. », a-t-il écrit. Le porte-parole Davis Ingle est allé plus loin en qualifiant Newsom de pire gouverneur d’Amérique et peut-être le plus bête.
Même des élus républicains prennent leurs distances
Jim Desmond, candidat républicain à la Chambre des représentants dans la 48e circonscription, région de San Diego, et vétéran de la Marine, s’est dit vigoureusement en désaccord avec le président. « Aucune ville américaine n’est sacrifiable, et aucune famille américaine ne devrait jamais être traitée comme un dommage collatéral. », a-t-il écrit sur les réseaux sociaux.
Kevin Kiley, élu se présentant désormais comme indépendant dans la 6e circonscription, a reconnu qu’il n’existe aucune preuve que l’Iran puisse frapper une ville californienne, mais a jugé la rhétorique présidentielle inutile.
Le stratège républicain Matthew Klink a noté que la déclaration de Trump « peut faire rire dans le Nebraska », mais rappelle pourquoi les électeurs californiens détestent passionnément le président, un sentiment désormais réciproque selon lui. Rob Stutzman, autre stratège républicain chevronné, a estimé que les candidats du parti engagés dans des courses serrées devront, une fois de plus, se distancer d’un président déséquilibré, nuisible selon lui aux objectifs républicains.
Le même lundi, en route vers le Nebraska, Trump avait aussi utilisé une insulte anti-trans visant Annie Andrews, candidate démocrate au Sénat pour la Caroline du Sud, dans une publication sur Truth Social.







