Les batteries Patriot, commandées par la Suisse en 2022, subiront un retard de sept ans avec un surcoût de 1,7 milliard de francs suisses. Initialement prévues pour 2028, elles ne seront livrées qu’entre 2033 et 2035. Face à ces délais et l’urgence de renforcer sa défense, la Suisse opte pour le système franco-italien SAMP/T NG, conjuguant performances tactiques, interopérabilité OTAN et considérations politiques.
Calendrier intenable pour les batteries Patriot
Le programme Air 2030 visait à moderniser la défense aérienne suisse avec cinq batteries Patriot, prévues pour 2027-2028. Toutefois, selon Zone Militaire, leur livraison est retardée jusqu’à 2033-2035, entraînant un surcoût de 1,7 milliard de francs suisses. En 2026, Martin Pfister, ministre suisse de la Défense, évoquait déjà la possibilité d’abandonner l’achat en raison des tensions contractuelles avec le Pentagone. Après les déboires d’autres projets, le ministère ne pouvait se permettre une nouvelle erreur d’acquisition.
La Suisse fait face à une rupture de capacité critique entre 2028 et 2033, période durant laquelle elle serait sans défense anti-aérienne longue portée. Le Conseil fédéral souligne l’urgence d’un second système en raison de la dégradation sécuritaire. Le programme Bodluv GR 2, doté d’un budget de 5 milliards de francs suisses, vise à pallier cette vulnérabilité. Markus Mäder, secrétaire d’État, insiste sur l’importance de l’interopérabilité avec l’Europe, sans changement radical de système, mais avec une alternative rapide si nécessaire.
SAMP/T NG : intégration et performances
Le SAMP/T NG, développé par Eurosam, répond aux besoins suisses avec une portée d’interception de 150 kilomètres et une détection jusqu’à 350 kilomètres. Capable de gérer simultanément plusieurs menaces, il couvre l’ensemble du territoire suisse. Pour la Suisse, l’acquisition d’un système déjà en service en France dès 2027 réduit les risques industriels et offre un soutien logistique stable.
Bien que non membre de l’OTAN, la Suisse privilégie l’interopérabilité avec les standards atlantiques. Le SAMP/T NG, compatible avec les systèmes de commandement européens, permet une intégration tactique en cas de crise régionale. Le Parisien souligne que la neutralité suisse n’empêche pas une convergence capacitaire avec son environnement proche.
Programme Bodluv GR 2 : sélection des systèmes
Armasuisse a évalué cinq candidats, retenant quatre systèmes : le L-SAM sud-coréen, le David’s Sling israélien, le Barak MX et le SAMP/T NG. L’IRIS-T SLX allemand a été éliminé d’emblée. Début septembre 2026, le système sud-coréen semblait prometteur, mais BFMTV rapportait que le SAMP/T NG était désormais privilégié, selon Kaj-Gunnar Sievert d’Armasuisse.
Selon SonntagsBlick, le Conseil fédéral privilégie les achats européens, évitant les polémiques d’un achat israélien ou sud-coréen. Le choix du SAMP/T NG, en plus de ses performances techniques, renforce les liens avec Paris et Rome et évite les controverses liées au conflit au Proche-Orient.
Perspectives opérationnelles et calendrier
Le SAMP/T NG devrait entrer en service avant les Patriot, comblant la rupture capacitaire. Bien que le calendrier exact ne soit pas confirmé, la maturité du système en France et en Italie laisse espérer une mise en œuvre rapide, dès 2028-2029. Martin Pfister doit recommander ce choix au Conseil fédéral, qui prendra la décision finale. Ce choix stratégique marque une préférence pour l’autonomie européenne, tout en préservant la neutralité suisse.
Il reste à déterminer le sort des Patriot dans le plan d’équipement à long terme de la Suisse. Cette décision influencera l’orientation future de la défense de la Confédération helvétique.








