Etats-Unis : le Pentagone pourrait tailler dans les effectifs des hauts gradés

Le Pentagone prépare une réduction de 20 % des postes de généraux et d’amiraux, nouvelle étape de la réorganisation de l’armée américaine.

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Etats-Unis : le Pentagone pourrait tailler dans les effectifs des hauts gradés © Armees.com

Le sommet de la hiérarchie militaire américaine devrait encore se resserrer. Pete Hegseth doit présenter un nouveau plan visant à diminuer de 20 % le nombre de postes réservés aux généraux et aux amiraux. La réforme, attendue pour le 1er janvier 2027, ne prévoit pas nécessairement le départ immédiat des gradés concernés. Plusieurs fonctions pourraient être supprimées, tandis que d’autres seraient confiées à des officiers de rang inférieur.

Une réduction de 20% ciblée sur les postes de généraux et d’amiraux

Le Pentagone s’apprête à franchir une nouvelle étape dans la réorganisation de sa chaîne de commandement. Selon des documents internes obtenus par Fox News Digital, Pete Hegseth doit annoncer le 30 septembre, lors de son discours « State of the Force » à Quantico, en Virginie, une réduction de 20% des postes destinés aux généraux et aux amiraux. Les plans concernant l’US Army, l’US Navy, l’US Air Force et les structures interarmées auraient déjà reçu son approbation. Leur mise en œuvre doit être achevée au 1er janvier 2027. Reuters et l’Associated Press ont ensuite confirmé les grandes lignes du projet. Il faut toutefois distinguer la disparition d’un poste du départ d’un militaire. La réforme porte d’abord sur les fonctions attribuées aux hauts gradés. Certaines pourraient disparaître. D’autres devraient être reclassées afin d’être occupées par des colonels ou, dans la Marine, par des capitaines de vaisseau, correspondant au grade américain O-6. Une note datée du 16 septembre concernant les structures interarmées prévoit précisément la création de postes de niveau O-6 pour remplacer certaines fonctions jusqu’ici réservées aux généraux ou amiraux.

Cette nouvelle réduction prolonge une première décision prise en mai 2025. Pete Hegseth avait alors ordonné une diminution d’au moins 20% des postes de généraux et amiraux quatre étoiles dans les forces d’active. Le même objectif avait été fixé pour les généraux de la Garde nationale. À cela s’ajoutait une baisse minimale de 10% de l’ensemble des postes de généraux et d’amiraux, liée notamment à la révision de l’organisation des commandements américains. Dans son mémorandum officiel du 5 mai 2025, le secrétaire à la Défense justifiait cette politique par la volonté de supprimer des niveaux hiérarchiques considérés comme redondants et de rendre la prise de décision militaire plus directe. Il assurait alors qu’il ne s’agissait pas d’une opération destinée à sanctionner indistinctement les hauts gradés. L’Associated Press estimait à l’époque que l’armée américaine comptait autour de 800 postes de généraux et d’amiraux, dont 44 fonctions à quatre étoiles. La nouvelle cible de 20% élargit donc sensiblement la réforme engagée un an plus tôt.

Une réforme plus large de la chaîne de commandement américaine

Le nombre de hauts gradés américains est déjà encadré par le droit fédéral. Un rapport du Congressional Research Service détaille notamment un plafond de 525 généraux et amiraux pour les postes propres aux différentes branches des forces armées. Jusqu’à 232 fonctions interarmées peuvent s’y ajouter, sous réserve de plusieurs règles et exemptions prévues par le Code des États-Unis. Ces chiffres montrent que la réorganisation annoncée dépasse la seule question symbolique du nombre d’étoiles portées par les officiers. Chaque réduction peut conduire à revoir le niveau hiérarchique nécessaire pour commander une structure, répartir les responsabilités entre états-majors ou fusionner certaines fonctions. Depuis janvier 2025, l’administration Trump a parallèlement procédé à de nombreux changements au sommet de l’appareil militaire. Le président a notamment remplacé le chef d’état-major des armées Charles « CQ » Brown, tandis que plusieurs autres responsables militaires de premier plan ont quitté leurs fonctions. L’Associated Press fait état de plus de deux douzaines de départs ou évictions de responsables de haut rang depuis le début de cette réorganisation. Certains élus démocrates, dont le sénateur Jack Reed, ont exprimé leurs inquiétudes sur les conséquences possibles de mouvements rapides dans le commandement. L’administration défend de son côté une organisation davantage tournée vers les opérations et moins dépendante de grands états-majors.

La réduction du nombre de gradés accompagne en effet une transformation plus vaste de leur sélection et de leurs missions. À partir du cycle de promotions de l’année budgétaire 2027, les officiers candidats au premier grade de général ou d’amiral doivent notamment être davantage évalués sur leurs capacités opérationnelles interarmées. Une nouvelle Joint Warfighting Evaluation doit mesurer leurs aptitudes en matière d’analyse, de décision, de communication et de résolution de problèmes militaires complexes. Cette évolution montre que le Pentagone agit simultanément sur le nombre de postes et sur les critères permettant d’y accéder. La réorganisation reste néanmoins entourée de plusieurs inconnues. Au matin du 30 septembre 2026, la liste exhaustive des postes appelés à disparaître ou à être rétrogradés n’avait pas été rendue publique. Il faudra notamment observer l’impact de ces choix sur les grands commandements géographiques, les états-majors des différentes armées et les structures conjointes. Un autre élément mérite enfin d’être précisé : l’administration Trump utilise depuis septembre 2025 l’appellation « Department of War » et le titre de « Secretary of War » dans ses communications. Un décret présidentiel les a autorisés comme titres secondaires, mais les références légales au Department of Defense et au secrétaire à la Défense restent applicables tant qu’une modification législative n’est pas intervenue. Derrière cette question de vocabulaire se dessine surtout une même orientation : réduire les structures de commandement, modifier le profil des futurs gradés et concentrer davantage les responsabilités militaires au sein d’une hiérarchie resserrée.

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