Amnesty documente 34 meurtres de civils par les forces FAMa-Wagner

Amnesty International dévoile dans un rapport publié le 29 septembre 2026 les défaillances structurelles du partenariat militaire entre les Forces armées maliennes et le groupe Wagner. L’absence de chaîne de commandement claire a permis la commission de crimes de guerre documentés entre juin 2023 et décembre 2025, avec au moins 34 civils tués dans sept localités. L’organisation révèle l’inexistence de mécanismes de supervision des paramilitaires russes, compromettant la crédibilité des engagements militaires étrangers en Afrique.

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Amnesty documente 34 meurtres de civils par les forces FAMa-Wagner © Armees.com

Le rapport d’Amnesty International publié le 29 septembre 2026 révèle une faille significative dans la coopération entre les Forces armées maliennes (FAMa) et le groupe Wagner. L’absence de supervision et de chaîne de commandement claire entre les deux entités a permis la commission de crimes de guerre documentés entre juin 2023 et décembre 2025. L’organisation a recensé au moins 34 meurtres de civils dans sept localités des régions de Ségou, Mopti et Tombouctou, soulignant les défaillances d’un partenariat militaire opaque.

Une supervision inefficace des paramilitaires russes

L’analyse opérationnelle d’Amnesty révèle une fragmentation du commandement. Les paramilitaires russes, renommés Africa Corps depuis 2025, ne sont pas intégrés formellement dans la structure des FAMa. L’absence de mécanismes de contrôle indépendants crée une zone grise propice aux exactions. Les témoignages confirment que des soldats maliens étaient systématiquement présents lors des opérations, sans qu’aucune intervention ne soit rapportée face aux violations.

Les FAMa ont principalement joué un rôle d’interprètes et de soutien logistique. Parmi les 34 meurtres documentés, la plupart ont été commis par des membres de Wagner, les FAMa restant passifs. Marceau Sivieude, directeur régional d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et centrale, souligne : « Les autorités maliennes doivent ouvrir des enquêtes impartiales sur ces graves allégations. » Des actes de torture ont été rapportés dans les bases de Léré et Nampala, où 15 hommes ont survécu et cinq sont morts des suites de mauvais traitements.

Exécutions et frappes aériennes : deux modèles de crimes

L’enquête distingue deux modes opératoires : les exécutions extrajudiciaires et les frappes aériennes non discriminées. Lors de patrouilles terrestres, des victimes ont été tuées en tentant de fuir, certaines égorgées ou brûlées vives. À Tin Adanda, le 12 février 2025, une opération conjointe a causé la mort de quatre civils. D’autre part, deux frappes de drones par l’armée malienne à Ejdeir et Tangata ont entraîné la mort de 23 personnes, dont cinq enfants, sans preuve de combattants ennemis. La majorité des victimes étaient des membres des communautés peules, arabes ou touareg.

La crédibilité des partenariats militaires en question

Ces révélations remettent en cause la légitimité du partenariat russo-malien. La junte, au pouvoir après les coups d’État de 2020 et 2021, avait justifié l’appel à Wagner par l’inefficacité des partenaires occidentaux contre le jihadisme. Cependant, les opérations visent principalement des civils désarmés. Un témoin de Ségou, réfugié en Mauritanie, déclare : « Dans leur mentalité, tous les pasteurs sont des terroristes. » Cette approche alimente le ressentiment local et compromet les efforts de stabilisation.

Responsabilité et implications pour l’avenir militaire

En avril 2026, trois organisations de la société civile, dont la FIDH, ont saisi la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples. La responsabilité pénale est examinée à trois niveaux : individuel pour les auteurs, hiérarchique pour les commandants FAMa non-intervenants, et étatique pour la junte malienne. Sans statut légal clair pour les paramilitaires russes, il est difficile d’attribuer les responsabilités. Contrairement aux forces armées régulières, les sociétés privées opèrent dans un vide normatif. La situation rappelle les tensions autour de la Cour pénale internationale, où certains États cherchent à protéger leurs ressortissants de la justice internationale.

Il n’existe actuellement aucun mécanisme national ou international pour superviser Wagner au Mali, et les FAMa n’ont ni l’autorité ni les moyens de contrôler leurs partenaires russes. Le ministère de la Défense malien n’a jamais révélé les termes du contrat avec Wagner, ce qui empêche une évaluation des obligations et sanctions prévues en cas de violation. Ce manque de supervision favorise l’impunité, comme l’illustrent les cas de torture corroborés par des témoins oculaires. Le rapport d’Amnesty pose une question cruciale : peut-on confier la sécurité nationale à des acteurs privés étrangers sans contrôle ? Les 34 morts documentés ne sont qu’une fraction des violations possibles. Sans enquêtes indépendantes et poursuites, l’impunité perpétuera un cycle de violence, compromettant toute stabilisation durable du Sahel malien.

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