Une sonde de la Nasa découvre un nouveau cratère sur la Lune

Un cratère de 222 mètres formé récemment sur la Lune a été identifié grâce à la sonde LRO de la Nasa. Un événement estimé à une fois tous les 132 ans.

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Un cratère de 222 mètres formé récemment sur la Lune a été identifié grâce à la sonde LRO de la Nasa. Un événement estimé à une fois tous les 132 ans. ChatGPT
Un cratère de 222 mètres formé récemment sur la Lune a été identifié grâce à la sonde LRO de la Nasa. Un événement estimé à une fois tous les 132 ans. ChatGPT | Armees.com

La surface de la Lune n’est pas aussi immuable qu’elle en a l’air. En comparant des images prises à plusieurs années d’intervalle, des chercheurs ont découvert un cratère de 222 mètres de diamètre apparu au printemps 2024. Baptisé McGetchin, il constitue le plus grand cratère d’impact contemporain identifié à ce jour dans le système solaire. Sa formation, estimée statistiquement à une occurrence tous les 132 ans environ, offre surtout une occasion exceptionnelle d’étudier les conséquences immédiates d’une collision sur le sol lunaire.

Un impact récent découvert en comparant les images de la Lune

Le choc n’a pas été observé directement. Les chercheurs ont pu déterminer qu’il s’était produit entre le 11 avril et le 22 mai 2024, grâce à des photographies réalisées avant et après cette période. La découverte elle-même est intervenue en 2025 lors de l’analyse des données de la Lunar Reconnaissance Orbiter Camera, embarquée à bord du Lunar Reconnaissance Orbiter, ou LRO. Cette sonde de la Nasa étudie la Lune depuis 2009. Les équipes utilisent notamment sa caméra grand-angle pour rechercher les changements intervenus à la surface. Un traitement informatique permet de comparer des séries d’images prises dans des conditions d’éclairage similaires. C’est dans ce cadre qu’une importante zone de matériaux fraîchement projetés a attiré l’attention. Des observations réalisées ensuite avec la caméra à angle étroit ont permis de mesurer précisément le relief. Le cratère atteint 222 mètres de diamètre et environ 43 mètres de profondeur. Son rebord domine en moyenne l’ancien terrain de près de huit mètres. Ses parois présentent une pente moyenne d’environ 24 degrés, avec des secteurs approchant les 40 degrés.

Ces résultats ont été détaillés par Mark S. Robinson et ses collègues dans l’étude « A new 222-m diameter lunar crater », publiée dans Science Advances le 16 septembre 2026. Les auteurs décrivent McGetchin comme le plus grand cratère d’impact contemporain jusqu’ici découvert dans le système solaire. Les modèles utilisés par les chercheurs estiment qu’un cratère de cette dimension se forme sur la Lune en moyenne une fois tous les 132 ans. Cette fréquence reste une estimation statistique et ne signifie évidemment pas qu’un tel impact se produit à intervalles réguliers. La Nasa considère que l’objet responsable était probablement un fragment d’astéroïde ou de comète, dont les dimensions pouvaient être comparables à celles d’un bâtiment de trois à six étages. Contrairement à la Terre, la Lune ne bénéficie pratiquement d’aucune atmosphère capable de ralentir ou de détruire les projectiles avant leur arrivée au sol. Même des objets relativement petits peuvent donc frapper sa surface à très grande vitesse.

McGetchin révèle que les impacts modifient la Lune bien au-delà du cratère

L’intérêt scientifique de McGetchin dépasse largement ses dimensions. Parce que le cratère vient de se former, les chercheurs peuvent observer un terrain qui n’a pratiquement pas encore été transformé par les millions de petits impacts qui remodèlent progressivement le régolithe de la Lune. Le choc a également mis au jour des matériaux provenant de plusieurs dizaines de mètres sous la surface. Le cratère se situe à la jonction entre des terrains volcaniques basaltiques et les anciennes hautes terres lunaires riches en anorthosite. L’analyse des matériaux projetés permet donc de mieux comprendre l’organisation du sous-sol. Plus spectaculaire encore, des perturbations associées à l’impact ont été détectées à plus de 100 kilomètres du point de collision. Les observations suggèrent que l’éjection des débris s’est déroulée selon des mécanismes plus complexes que ne le prévoyaient certains modèles. Plusieurs vagues de matériaux auraient notamment été projetées autour du cratère. Ces données constituent une nouvelle référence pour améliorer les simulations physiques utilisées afin de comprendre la formation des cratères sur la Lune et sur d’autres corps dépourvus d’atmosphère.

Un deuxième travail publié simultanément dans Science Advances apporte une autre information. L’instrument Diviner, également installé sur LRO, a détecté autour de McGetchin une zone froide d’environ 7 kilomètres de diamètre. Durant la nuit lunaire, elle apparaît huit à neuf kelvins plus froide que les terrains voisins. L’impact aurait ameubli les couches superficielles du régolithe. Devenu moins compact, ce sol conserve moins efficacement la chaleur. Les auteurs de cette seconde étude montrent que ce type de phénomène concerne également d’autres cratères récents de plus de 30 mètres. Ces observations ont des implications pour la compréhension de l’évolution de la Lune, mais aussi pour son exploration future. Des astronautes, des rovers ou des infrastructures installés durablement sur le satellite devront évoluer sur un terrain régulièrement modifié par les impacts et leurs débris. L’étude de McGetchin permet ainsi de mieux mesurer un risque souvent invisible depuis la Terre. La Lune porte certes les traces de collisions vieilles de milliards d’années, mais cette découverte confirme surtout que son paysage continue, aujourd’hui encore, de se transformer.

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