Trump promet 5000 dollars à chaque adulte américain en cas de victoire mais d’où vient cet argent ?

5 000 dollars par adulte américain si les républicains raflent la mise au Congrès : promesse électorale ou coup de bluff financier ? Entre légalité douteuse et Maine sous tension, la course aux midterms s’annonce électrique.

Publié le
Lecture : 2 min
Trump promet 5000 dollars à chaque adulte américain en cas de victoire mais d'où vient cet argent ?
Trump promet 5000 dollars à chaque adulte américain en cas de victoire mais d’où vient cet argent ? © Armees.com

Le président américain Donald Trump a lancé la promesse que si les républicains gagnaient à la fois la Chambre des représentants et le Sénat, grâce à leurs succès économiques, il émettrait un dividende de 5 000 dollars pour chaque citoyen adulte des États-Unis. La promesse a été accueillie sous les applaudissements des militants républicains réunis pour l’occasion.

La condition posée par le président est stricte : les deux chambres du Congrès doivent basculer du côté républicain lors des élections de mi-mandat. Une victoire partielle, à la Chambre seule ou au Sénat seul, ne suffirait pas à déclencher le versement. Trump n’a donné aucune indication sur le financement de cette mesure, qu’il justifie uniquement par les résultats économiques de son administration.

Une annonce à Dallas, dans un climat électoral tendu

Le milliardaire de 80 ans a fait cette annonce lors de la convention nationale du Parti républicain, organisée les mercredi 9 et jeudi 10 septembre 2026 à Dallas, au Texas. C’est la première fois que le parti tient un tel rassemblement en amont d’un scrutin de mi-mandat, prévu le 3 novembre.

Devant la foule, vêtue de rouge et arborant t-shirts et casquettes à son effigie, Trump a aussi vanté ses baisses d’impôts, loué son offensive anti-immigration et défendu le conflit avec l’Iran, qualifié de très impopulaire. Il a par ailleurs agité le spectre d’une victoire du communisme en cas de succès démocrate.

Le contexte explique en partie l’audace de la promesse. Selon les projections, les démocrates devraient reprendre la majorité à la Chambre des représentants, entièrement renouvelée à cette échéance, et pourraient également l’emporter, de justesse, au Sénat. Une telle bascule limiterait sérieusement la marge de manœuvre de Trump pour les deux dernières années de son mandat.

Les républicains font face à un mécontentement croissant des Américains sur le coût de la vie, et les projections du parti sont pour l’heure mal engagées.

Un précédent avait déjà soulevé la question de la légalité de ce type de promesse. En 2024, Elon Musk avait annoncé distribuer un million de dollars par jour, tiré au sort parmi les électeurs inscrits dans l’un des sept États clés, à condition qu’ils signent une pétition conservatrice.

Rick Hasen, professeur à la faculté de droit de l’université de Californie à Los Angeles, avait jugé cette initiative illégale sur son blog, rappelant que la loi fédérale punit d’une amende de 10 000 dollars ou de cinq ans de prison quiconque paie ou accepte un paiement lié à une inscription électorale ou à un vote. La promesse de Trump pourrait poser la même question.

Dans la foule, l’enthousiasme ne faiblissait pas. « Donald Trump suscite tellement plus d’enthousiasme que n’importe quel autre responsable politique que je connaisse », confiait Jack, un participant venu de l’Oklahoma, au rfi.

Le Maine, terrain d’observation pour la course au Sénat

Au-delà des soutiens inconditionnels, la convention a aussi attiré des candidats issus d’États difficiles pour le parti. Aaron Del Mar, candidat au poste de vice-gouverneur dans l’Illinois, un État démocrate, expliquait l’intérêt de s’y montrer malgré tout : il fallait qu’ils arrivent à convaincre tous les électeurs, et que c’était donc l’occasion de s’adresser à une partie de leur électorat, de l’écouter, d’échanger avec lui et d’entendre quels étaient les sujets qui lui tenaient à cœur.

Lauren LePage, représentante du Maine au sein du Parti républicain, espère de son côté que la convention aura des retombées positives dans son État, l’un des rares où la course au Sénat s’annonce très serrée. C’est là que la sénatrice républicaine Susan Collins, l’une des voix les plus critiques de Trump dans son propre camp, joue sa réélection.

Laisser un commentaire

Share to...