Guerre au Moyen-Orient : les frappes reprennent entre les Etats-Unis et l’Iran, le conflit est loin d’être résolu

Treize missiles sur la Jordanie, des pétroliers touchés, le Brent qui s’envole à 95 dollars : en 72 heures, le conflit Iran-États-Unis a basculé. Le détroit d’Ormuz tient l’économie mondiale en otage.

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Guerre au Moyen-Orient : les frappes reprennent entre les Etats-Unis et l'Iran, le conflit est loin d'être résolu
Guerre au Moyen-Orient : les frappes reprennent entre les Etats-Unis et l’Iran, le conflit est loin d’être résolu © Armees.com

Le 1er septembre 2026, l’armée américaine a lancé une nouvelle campagne de bombardements contre le territoire iranien. Le Commandement central américain (Centcom) a annoncé avoir visé des installations des Gardiens de la révolution : systèmes de défense aérienne, radars, infrastructures de communication, moyens maritimes et capacités de mouillage de mines.

D’après le Huffpost, les frappes ont touché le sud du pays, autour d’Hormozgan, de Bandar Abbas et de Qeshm, des zones qui commandent l’accès iranien au détroit d’Ormuz. Washington affirme agir en réponse à des tentatives d’attaques contre la navigation commerciale et contre des militaires américains dans la région. L’objectif décrit est de réduire la capacité de l’Iran à transformer le détroit en arme économique et militaire, plutôt que de conquérir un territoire.

Une escalade en moins de 72 heures

Cette frappe n’est pas la première du mois. Le 30 août, l’aviation américaine avait déjà visé deux lanceurs iraniens sur l’île de Larak, dans le détroit, jugés liés à des tentatives de mouillage de mines. C’était la première attaque américaine connue contre le territoire iranien depuis environ un mois, alors que la confrontation prenait jusque-là surtout la forme d’un bras de fer économique et maritime.

En moins de 72 heures, le conflit est passé de cette confrontation économique à un échange direct de frappes. Il entre dans son septième mois depuis son déclenchement, le 28 février 2026. Donald Trump a menacé Téhéran d’une réponse beaucoup plus forte en cas de poursuite des opérations iraniennes.

La riposte n’a pas tardé. Dans la nuit du 1er au 2 septembre, l’Iran a tiré des missiles balistiques vers la Jordanie, où treize d’entre eux ont pénétré l’espace aérien : dix ont été interceptés, trois sont tombés dans des secteurs éloignés, sans faire de victime.

Les bases d’Al-Azraq et de King Hussein, déjà désignées par les Gardiens de la révolution le 30 août, étaient visées. Des drones et des alertes ont également été signalés à Bahreïn, où siège le quartier général de la Ve flotte américaine, et au Koweït, où un appareil a provoqué un incendie dans une zone résidentielle sans faire de blessé.

En Irak, les Gardiens de la révolution revendiquent des frappes autour d’Erbil et affirment avoir causé des pertes américaines, non confirmées par Washington. Le Commandement central américain dispose de plus de 50 000 militaires dans la région.

En Iran, des civils ont payé le prix de ces échanges. Près de Sirik, dans le sud du pays, une frappe a touché une habitation où se déroulait un mariage : cinq morts, dont un enfant, et plusieurs dizaines de blessés. Dans le Khouzestan, les autorités iraniennes ont fait état de sept morts et huit blessés après plusieurs frappes. Le Centcom indique avoir connaissance de ces informations.

Le pétrole grimpe, le détroit tourne au ralenti

Le 1er septembre, deux superpétroliers transportant du brut saoudien ont été touchés par des projectiles à quelques minutes d’intervalle dans le détroit, près de Khasab, en Oman. Chaque navire transportait environ deux millions de barils chargés au terminal de Juaymah. Aucun décès n’a été signalé et l’origine des projectiles n’était pas établie.

Les marchés ont réagi aussitôt. Le Brent a gagné plus de 4 dollars ce même jour pour clôturer à 94,65 dollars le baril, le WTI terminant à 90,22 dollars. Le lendemain, le Brent dépassait les 95 dollars dans les premiers échanges.

Le trafic dans le détroit s’est effondré : seuls quatre navires transportant des matières premières l’ont traversé le 1er septembre, contre dix la veille et une moyenne d’environ treize par jour lors des dix jours précédents. L’Iran a placé 45 pétroliers sur une liste noire pour violation de ses règles de navigation, menaçant sanctions et confiscation des cargaisons.

Ses propres exportations, réduites par le blocus naval américain en vigueur depuis la mi-juillet, ne dépassaient plus 220 000 à 255 000 barils par jour en août, contre environ deux millions en mars.

Un conflit qui ne trouve pas d’issue

Le bilan cumulé de six mois de guerre reste lourd : au moins 3 527 morts en Iran selon les données disponibles fin août, 18 militaires américains tués et 757 blessés. Le président iranien Massoud Pezeshkian a pourtant déclaré, quelques heures avant les nouveaux bombardements du 1er septembre, que Téhéran était prêt à respecter les engagements de l’accord intérimaire conclu en juin si Washington faisait de même. Cet accord s’était désagrégé en juillet sous l’effet de nouvelles attaques et d’accusations mutuelles de violation.

Pour Nicholas Hopton, chercheur émérite en sécurité internationale au Royal United Services Institute et ancien ambassadeur du Royaume-Uni en Iran, « l’Iran peut continuer à perturber le détroit d’Ormuz : il tient l’économie mondiale à sa merci ». Il estime que la voie de sortie existe déjà dans le protocole d’accord de juin, à condition que Washington y consacre des efforts soutenus, une patience stratégique qui fait défaut selon lui.

Aniseh Bassiri Tabrizi, chercheuse associée à Chatham House, juge de son côté que Téhéran attend un geste américain plutôt qu’une pression supplémentaire : l’Iran ne souhaite pas céder, dit-elle, ni modifier son approche en réponse aux sanctions ou à de nouvelles attaques. Le détroit d’Ormuz continue de fonctionner, sous la menace d’un nouvel échange de tirs.

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