Ni prison classique ni bracelet électronique : l’Algérie choisit le désert brûlant pour enfermer ses trafiquants de drogue

50°C, isolement total, aucune évasion possible. L’Algérie mise sur le désert le plus hostile du Sahara pour enfermer ses barons de la drogue. Une stratégie radicale qui en dit long sur l’ampleur du fléau.

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Ni prison classique ni bracelet électronique : l'Algérie choisit le désert brûlant pour enfermer ses trafiquants de drogue
Ni prison classique ni bracelet électronique : l’Algérie choisit le désert brûlant pour enfermer ses trafiquants de drogue © Armees.com

La présidence algérienne a annoncé, le mercredi 2 septembre 2026, la transformation d’une caserne militaire du désert du Tanezrouft en prison de haute sécurité. Cet établissement accueillera, selon un communiqué de la présidence, les barons de la drogue et les trafiquants, qui n’a donné aucun détail sur les conditions de détention prévues.

Le choix du lieu ne doit rien au hasard. Le Tanezrouft, situé dans l’extrême sud-ouest algérien à la frontière du Mali, est l’une des régions les plus inhospitalières du Sahara, raconte franceinfo. Les températures y dépassent les 50 °C en été, et la zone reste quasi inhabitée. Cette zone est parfois qualifiée de triangle du vide.

La décision a été prise lors d’une réunion du Haut Conseil de sécurité, présidée par le chef de l’État Abdelmadjid Tebboune. Le pouvoir algérien y a également acté la création d’un organisme sécuritaire entièrement dédié à la lutte contre le trafic de drogue, sur le modèle d’agences existant dans plusieurs pays, dont la Drug Enforcement Administration américaine.

Ces deux annonces interviennent alors que les autorités algériennes multiplient les mises en garde contre l’essor du narcotrafic dans le pays. Selon des chiffres attribués à l’Office national de lutte contre la drogue et la toxicomanie, l’Algérie comptait en 2024 plus de trois millions de toxicomanes, sur une population de 46 millions d’habitants, soit 15 % du total.

Le 21 août, la police algérienne a démantelé un réseau et saisi 33 kilos de cocaïne ainsi que plus de 10 millions de capsules de prégabaline, un générique du Lyrica initialement prescrit contre l’épilepsie et l’anxiété. Surnommée drogue du pauvre, cette substance entraîne une forte dépendance et sa consommation a explosé ces dix dernières années.

Le pays est aussi devenu un refuge pour des membres de la DZ Mafia, un gang de narcotrafiquants français. Cette présence s’ajoute aux saisies record qui se multiplient sur le territoire algérien. La consommation de drogue y est jugée déstabilisante pour la société.

C’est dans ce contexte que la future prison du Tanezrouft doit voir le jour.

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