Pour faire face aux risques liés aux perturbations des réseaux électriques civils, l’armée américaine accélère sa quête d’indépendance énergétique. Le programme Janus, lancé le 26 août 2026, prévoit l’installation de microréacteurs nucléaires sur cinq bases militaires clés, avec un premier réacteur prévu pour septembre 2028. Le Pentagone a alloué 2,2 milliards de dollars à cinq entreprises pour réaliser cet objectif stratégique.
Microréacteurs nucléaires : un choix stratégique pour l’armée américaine
Actuellement, les bases militaires américaines dépendent à 80% des réseaux électriques civils pour leur énergie, créant une vulnérabilité dans la défense nationale. Des cyberattaques, catastrophes naturelles ou sabotages pourraient paralyser ces installations stratégiques. Le secrétaire de l’armée, Dan Driscoll, souligne l’importance de cet investissement pour assurer une résilience énergétique qui permet de projeter la puissance de combat sans dépendre de réseaux externes. Les coupures de courant au Texas en février 2021 et en Californie illustrent ces risques. Pour le Pentagone, garantir une alimentation électrique autonome est aussi crucial que les munitions ou le carburant. Les microréacteurs offrent cette indépendance, fonctionnant plusieurs années sans ravitaillement.
Le programme Janus cible cinq bases militaires majeures aux États-Unis. À Fort Bragg, en Caroline du Nord, renommé Fort Liberty, Antares Nuclear installera un microréacteur. Fort Campbell, dans le Kentucky, accueillera le réacteur avancé BANR de BWXT Advanced Technologies. Fort Hood, au Texas, désormais Fort Cavazos, utilisera la technologie de General Atomics Electromagnetic Systems. Fort Benning, en Géorgie, renommé Fort Moore, bénéficiera des 15 microréacteurs Kaleidos de Radiant Industries, qui a décroché un contrat de 750 millions de dollars. Enfin, Fort Drum, dans l’État de New York, hébergera le microréacteur eVinci de Westinghouse Government Services. Ces sites sont stratégiques pour la projection de forces, l’entraînement et le commandement, assurant la continuité opérationnelle même en cas de crise majeure.
Déploiement et échéances du programme Janus
L’armée américaine vise à installer le premier microréacteur d’ici le 30 septembre 2028, une échéance fixée par des directives présidentielles de mai 2025 signées par Donald Trump pour accélérer le développement nucléaire. Jeff Waksman, secrétaire adjoint principal de l’armée, indique que la transition des prototypes aux produits commerciaux réels est en cours. Les contrats sont basés sur des paiements par jalons : les entreprises reçoivent des fonds après validation d’objectifs techniques. Cette méthode réduit les risques financiers pour l’État tout en maintenant la pression sur les fournisseurs. Le programme envisage plus de 20 microréacteurs opérationnels à terme, transformant l’infrastructure énergétique militaire.
L’armée prévoit d’étendre l’installation de microréacteurs à l’ensemble de son réseau mondial. Radiant Industries compte livrer ses 15 unités Kaleidos d’ici 2030 et se tourner ensuite vers des clients commerciaux comme les centres de données. Le secteur privé devrait investir plusieurs milliards de dollars supplémentaires, dépassant l’investissement initial public. Cette stratégie finance la recherche et développement par l’armée, puis le marché civil amortit les coûts. Les microréacteurs pourraient équiper des bases avancées, navires de guerre ou stations arctiques. Les déchets radioactifs seront gérés en partenariat avec le ministère de l’Énergie, sans stockage permanent sur les sites militaires, apaisant les inquiétudes locales.
Avantages techniques et tactiques des microréacteurs
Chaque microréacteur peut produire jusqu’à 20 mégawatts, suffisant pour une base moyenne ou un quartier de 15 000 habitants. Leur design modulaire permet un transport facile par camion, cargo ou avion militaire, assurant un déploiement rapide contrairement aux centrales traditionnelles. Les réacteurs Kaleidos de Radiant Industries, de la taille d’un conteneur standard, s’intègrent facilement logistique. Leur durée de vie atteint 10 à 20 ans sans ravitaillement, contrairement aux générateurs diesel actuels. Le combustible TRISO assure une sécurité passive : aucune fusion du cœur possible en cas de défaillance totale. Cette robustesse rassure face aux attaques ou accidents. L’armée investit fortement dans cette technologie pour garantir sa supériorité opérationnelle.








