En juillet 2021, un véhicule planant hypersonique chinois a largué un projectile secondaire à une vitesse dépassant Mach 5 près de la mer de Chine méridionale. Le général Mark Milley, président des Chefs d’État-Major interarmées à l’époque, a comparé cet événement à un « moment Spoutnik », soulignant les préoccupations du Pentagone sur les avancées chinoises. Pékin a qualifié ce test de « routine », affirmant qu’il visait à développer une technologie spatiale réutilisable pour un accès pacifique à l’espace. Cependant, la Chine pourrait utiliser ces HGV pour lancer des armes air-air contre les avions AWACS, ravitailleurs et plateformes de commandement américains, posant une menace tactique majeure.
Un test hypersonique qui agite le Pentagone
Un HGV est un engin lancé par missile balistique, capable de planer à des vitesses supérieures à Mach 5 dans la haute atmosphère. Contrairement aux trajectoires prévisibles des ogives balistiques classiques, les HGV peuvent manœuvrer, ce qui complique leur interception. La Chine a déjà le DF-17, un missile mobile pouvant transporter un HGV sur une distance de 1 800 à 2 500 kilomètres. Le DF-27, quant à lui, pourrait atteindre 8 000 kilomètres, couvrant ainsi Hawaï.
La complexité de la libération hypersonique
La libération d’un projectile à Mach 5 présente des difficultés thermiques et aérodynamiques majeures. À cette vitesse, la température de surface atteint 1 650 °C, nécessitant des matériaux résistants à l’ablation. La libération engendre des perturbations aérodynamiques susceptibles de déstabiliser le véhicule, et le projectile doit supporter un choc thermique intense avant de stabiliser sa trajectoire. Le test de juillet 2021 a prouvé que la Chine pouvait maîtriser ces défis dans un cadre expérimental.
Vers une chaîne de frappe intégrée
Pour cibler des avions en mouvement, la Chine s’appuie sur un réseau sophistiqué : satellites de reconnaissance, radars transhorizon et drones de surveillance. Ces dispositifs permettent de suivre les décollages et les formations aériennes, et de transmettre en temps réel les coordonnées aux lanceurs DF-17 ou DF-27. Cette intégration transforme les missiles balistiques en chasseurs de cibles mobiles.
Les actifs américains en ligne de mire
Les AWACS E-3 Sentry, volants à 9 000-12 000 mètres et dépourvus d’armement défensif, ainsi que les ravitailleurs KC-135 et KC-46, représentent des cibles idéales pour les HGV. Un HGV peut atteindre sa cible en 10-15 minutes, bien avant qu’une escorte puisse réagir. Les missiles air-air PL-17 chinois ont déjà une portée de 300-500 kilomètres, et un projectile hypersonique pourrait étendre cette portée à plusieurs milliers de kilomètres.
Conséquences sur les opérations aériennes américaines
La capacité des HGV chinois remet en question les stratégies américaines. Washington devra disperser ses actifs de soutien et renforcer ses défenses. L’existence de cette menace détourne des ressources des missions offensives et rend la situation incertaine, surtout avec la possibilité que ces HGV transportent des charges nucléaires. En somme, la Chine utilise ses armes hypersoniques comme instruments de dissuasion, modifiant l’équilibre des forces dans le Pacifique.








