Les 21,2 milliards d’euros d’exportations d’armements français enregistrés en 2025 ne reposent pas uniquement sur quelques contrats emblématiques liés à la défense. La France maintient sa position de deuxième exportateur mondial grâce à un portefeuille diversifié où l’aéronautique militaire domine avec 40% des prises de commandes, mais où les missiles, le naval et les matériels terrestres jouent un rôle croissant. Cette répartition sectorielle révèle les domaines d’excellence technologique qui permettent à l’industrie française de défense de rivaliser avec les géants américains et de résister à la montée en puissance de nouveaux concurrents asiatiques.
L’aéronautique militaire : 40% des revenus d’exportation de la Défense française
Le secteur aéronautique représente environ 8,5 milliards d’euros sur les 21,2 milliards de prises de commandes en 2025, confirmant son statut de locomotive des exportations françaises. Cette domination s’explique par la reconnaissance internationale des plateformes françaises, notamment dans les segments des avions de combat et des hélicoptères de manœuvre. Selon le rapport au Parlement publié par le ministère des Armées, cette prééminence reflète les investissements massifs consentis sur plusieurs décennies pour développer des capacités souveraines dans l’aviation militaire.
Le Rafale en première ligne : 26 avions Marine commandés par l’Inde
Le contrat portant sur 26 avions Rafale Marine destinés à l’Inde constitue le joyau des exportations aéronautiques de 2025. Fabriqués par Dassault Aviation, ces appareils embarqués renforceront la flotte aéronavale indienne et témoignent de la confiance accordée aux capacités opérationnelles du chasseur français. Au-delà de ce contrat majeur, le Rafale continue d’élargir sa clientèle internationale, totalisant désormais plusieurs centaines d’exemplaires commandés à l’export depuis son lancement commercial. La polyvalence de l’appareil, capable de missions air-air, air-sol et de frappe nucléaire, séduit les forces aériennes recherchant un avion de combat multirôle de dernière génération.
Au-delà du Rafale : hélicoptères et systèmes aériens
Les hélicoptères Caracal commandés par le Maroc illustrent la diversité du portefeuille aéronautique français. Ces appareils de transport tactique, produits par Airbus Helicopters, complètent une offre qui s’étend des hélicoptères légers aux plateformes lourdes. L’aéronautique française bénéficie également de la demande croissante en drones et systèmes sans pilote, même si ces segments restent dominés par les acteurs américains et israéliens. Les systèmes embarqués, capteurs et équipements avioniques représentent une part significative de la valeur ajoutée exportée dans ce secteur.
Secteur naval : 19% des prises de commandes
Avec environ 4 milliards d’euros de contrats signés en 2025, le naval représente 19% du total des exportations françaises d’armements. Cette performance s’appuie sur l’expertise reconnue de Naval Group dans la conception de bâtiments de surface et de sous-marins conventionnels. La commande par la Grèce d’une frégate illustre l’attractivité des navires de combat français, réputés pour leur équilibre entre capacités opérationnelles, furtivité et coût d’acquisition. Le segment naval français affronte toutefois une concurrence accrue, notamment de la part des chantiers sud-coréens et turcs qui proposent des solutions à prix compétitifs.
Les sous-marins Scorpène Evolved en avant-garde
Les deux sous-marins Scorpène Evolved commandés par l’Indonésie représentent un succès technologique majeur. Cette version améliorée du Scorpène intègre des systèmes de propulsion anaérobie (AIP) qui prolongent l’autonomie en plongée, un atout décisif pour les marines opérant dans les vastes espaces indo-pacifiques. Le Scorpène équipe déjà plusieurs marines, dont celles de l’Inde, du Chili et de la Malaisie, totalisant une vingtaine d’exemplaires vendus. Ce succès commercial repose sur un transfert de technologie partiel qui permet aux clients de construire localement une partie des sous-marins, renforçant ainsi l’attractivité politique des offres françaises.
Les missiles : le secteur en plus forte croissance (+15%)
Le secteur des missiles a enregistré la progression la plus spectaculaire avec une hausse de 15% entre 2024 et 2025, atteignant environ 3,8 milliards d’euros. Cette dynamique reflète l’intensification des tensions géopolitiques mondiales et la volonté des États de reconstituer leurs stocks après plusieurs années de sous-investissement. Les missiles français couvrent un large spectre : missiles antinavires Exocet, missiles air-air Mica et Meteor, missiles de croisière SCALP, systèmes antiaériens. Selon le Journal du Dimanche, cette montée en puissance s’inscrit dans un contexte de réarmement massif où les munitions guidées de précision constituent une priorité stratégique.








