En mars 2026, le Knesset a adopté une loi rendant obligatoire la peine de mort pour les Palestiniens condamnés par les tribunaux militaires. Six mois après son adoption, cette loi trouve une traduction concrète avec la construction d’une infrastructure d’exécution révélée par le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben-Gvir.
Un cadre législatif au service de la doctrine sécuritaire
Le texte adopté par le parlement israélien instaure la pendaison comme sentence par défaut pour les Palestiniens reconnus coupables d’attaques meurtrières. Cette disposition s’applique exclusivement aux condamnations prononcées par les tribunaux militaires. La loi crée un mécanisme discriminatoire puisque les Israéliens juifs échappent à cette juridiction. Le texte exige que le meurtre soit commis avec l’intention de nier l’existence de l’État d’Israël, clause interprétée uniquement dans le cadre des tribunaux militaires jugeant les Palestiniens.
Les tribunaux militaires israéliens constituent un pilier du dispositif de maintien de l’ordre dans les territoires occupés. Ils jugent les Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza selon un corpus juridique distinct du droit civil israélien. Actuellement, 9 300 Palestiniens sont détenus dans les prisons israéliennes selon HaMoked, organisation israélienne de défense des droits humains. Parmi eux, 3 200 personnes subissent une détention administrative, permettant aux commandants militaires de les maintenir en détention pour des périodes renouvelables de six mois sur la base de preuves classifiées, sans procès.
Des potences et des tribunes d’observation pour la peinde de mort
Le 19 août 2026, Ben-Gvir a publié une vidéo montrant la construction d’une installation équipée de potences. La structure comprend des tribunes d’observation destinées aux familles de victimes. Le ministre a précisé que ces espaces seraient équipés de caméras permettant de regarder les exécutions en direct. La vidéo a été supprimée après sa diffusion initiale, mais les images ont circulé sur les réseaux sociaux et dans les médias internationaux.
Ben-Gvir a déclaré dans sa vidéo : « J’ai promis d’aggraver les conditions des terroristes en prison, nous avons tenu parole. J’ai promis d’adopter la peine de mort pour les terroristes, nous l’avons fait. Et maintenant, le couloir de la mort et l’installation de pendaison commencent aussi à prendre forme. » Le ministre a également affirmé : « Nous faisons l’histoire. Les terroristes ne méritent qu’une chose : la mort par pendaison. »
De l’attaque du 7 octobre à l’escalade judiciaire
L’attaque du Hamas du 7 octobre 2023 a causé environ 1 200 morts et 251 otages ont été capturés. Cet événement a déclenché une escalade sécuritaire dont la loi sur la peine de mort constitue une manifestation législative. Le système de détention israélien maintient près de 10 000 Palestiniens sous diverses formes de privation de liberté, dont un tiers sans procès formel.
Chef du parti d’extrême droite Otzma Yehudit, Ben-Gvir a fait de la peine de mort un axe central de sa campagne électorale. En mai 2026, il a célébré son 50e anniversaire avec un gâteau décoré d’une image de potence. Lors de l’adoption de la loi en mars, il a brandi une bouteille de champagne à la Knesset. Le Royaume-Uni a sanctionné le ministre l’année précédente pour ses commentaires sur Gaza, l’accusant d’inciter à la violence extrémiste. Ben-Gvir a également appelé à des « assassinats ciblés » de « 30 à 40 » personnes à Gaza chaque nuit, déclarant que certaines personnes « ne sont pas dignes de vivre » et « ne sont même pas des gens ».
Des élections nationales israéliennes sont programmées pour le 27 octobre 2026. La controverse autour de l’installation d’exécution intervient dans ce contexte électoral, où les questions sécuritaires occupent une place centrale dans le débat public. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu n’a pas retiré Ben-Gvir de ses fonctions malgré les critiques internationales et même celles du Jerusalem Post, journal conservateur israélien qui a averti que cette initiative fournirait « des munitions » aux ennemis d’Israël et ne refléterait pas les valeurs de la société israélienne.








