L’Allemagne délaisse l’Europe, voici pourquoi Berlin choisit soudainement les drones militaires américains MQ-9B SeaGuardian

50 milliards d’euros, un satellite radar, des Eurofighter, et surtout un abandon qui fait mal à l’EuroDrone français. L’Allemagne rebat les cartes de son armement, avec des choix qui surprennent jusqu’à Paris.

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L'Allemagne délaisse l'Europe, voici pourquoi Berlin choisit soudainement les drones militaires américains MQ-9B SeaGuardian
L’Allemagne délaisse l’Europe, voici pourquoi Berlin choisit soudainement les drones militaires américains MQ-9B SeaGuardian © Armees.com

La commission du Budget du Bundestag a approuvé, le mercredi 17 décembre 2025, pour 50 milliards d’euros de contrats d’acquisition d’armements. Selon le média Zone Militaire, ce plan est le plus important programme d’investissement en faveur de la défense jamais validé par le Parlement allemand dans son histoire moderne.

Trente projets sont concernés, du blindé au satellite en passant par les munitions. Cette enveloppe s’inscrit dans le budget annuel de 87,2 milliards d’euros prévu pour la Bundeswehr en 2026, complété par 25,5 milliards d’euros supplémentaires prélevés sur le fonds spécial destiné à combler les manques capacitaires de l’armée allemande.

Un satellite radar à 1,76 milliard d’euros

Le volet spatial figure parmi les projets financés. Le satellite radar SPOCK (Space System for Persistent Operational Tracking) a été approuvé pour 1,76 milliard d’euros, un programme mené par une coentreprise détenue par Rheinmetall et le finlandais ICEYE.

Le ministère allemand de la Défense justifie l’achat par l’évolution de la situation sécuritaire en Europe, précisant que ce projet est particulièrement urgent. L’objectif affiché est d’atteindre une capacité opérationnelle dans les plus brefs délais. Ce satellite s’inscrit dans une ambition plus large: l’Allemagne prévoit d’allouer environ 35 milliards d’euros au domaine spatial d’ici 2030.

Blindés, missiles et munitions complètent la commande

Le paquet inclut aussi des acquisitions terrestres et aériennes. Des véhicules de combat d’infanterie Boxer et Puma supplémentaires ont été validés, tout comme des systèmes d’artillerie RCH 155 et des blindés de transport de troupes de nouvelle génération CAVS. Les munitions destinées à la défense aérienne ont également été renforcées, tandis que la production en série de la famille de missiles de croisière air-sol Taurus Neo démarre.

Ces décisions s’ajoutent à une série d’achats déjà engagés ces derniers mois. En octobre 2025, le Bundestag avait approuvé la commande de vingt Eurofighter EF-2000 au standard T5 pour 3,75 milliards d’euros. En novembre, environ 8 milliards d’euros avaient été consacrés à l’achat de blindés Schakal, Luchs 2 et SpähFz NG.

Le ministère de la Défense a aussi obtenu l’autorisation d’acquérir des drones MQ-9B SeaGuardian auprès de l’américain General Atomics, destinés à la marine allemande. La nouvelle est présentée comme une surprise, et un coup dur pour l’EuroDrone, programme piloté par l’Allemagne et développé par Airbus en coopération avec la France, l’Italie et l’Espagne.

Elle enterre aussi les dernières illusions autour du projet franco-allemand MAWS (Maritime Airborne Warfare Systems). Reste la question de l’avenir de l’EuroDrone. Inadapté aux engagements de haute intensité, il pourrait toutefois trouver un débouché dans la patrouille maritime, un usage qui intéresse déjà le Japon.

Jusqu’ici, la Luftwaffe volait exclusivement sur des drones MALE de conception israélienne, comme le Heron TP actuellement en service.

Selon l’agence Reuters, huit systèmes SeaGuardian sont concernés, pour un montant de 1,5 milliard d’euros. Ils seront commandés via l’agence d’acquisition de l’OTAN. Capables de voler plus de trente heures d’affilée, ces appareils épauleront la marine allemande dans ses missions de reconnaissance longue portée et de lutte anti-sous-marine, à l’aide de bouées acoustiques, face aux sous-marins russes.

Ils viendront s’ajouter aux huit avions de patrouille maritime P-8A Poseidon commandés à Boeing, dont le premier a été livré à la marine allemande en octobre 2025. La flotte pourrait à terme compter douze appareils.

General Atomics avait déjà vendu ce système à la Belgique, qui en a commandé quatre exemplaires. Le premier drone belge a été livré en août 2025 à la base aérienne de Florennes, et a réalisé son premier vol depuis le sol belge le 23 septembre 2025.

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