Les archéologues soutiennent que les anciens Égyptiens ont bâti les grandes pyramides avec une machine high-tech ancienne

Et si les Égyptiens avaient inventé l’ascenseur hydraulique il y a 4 500 ans ? Une étude bouleverse tout ce qu’on croyait savoir sur la construction de la pyramide de Djéser.

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Les archéologues soutiennent que les anciens Égyptiens ont bâti les grandes pyramides avec une machine high-tech ancienne
Les archéologues soutiennent que les anciens Égyptiens ont bâti les grandes pyramides avec une machine high-tech ancienne © Armees.com

Les anciens Égyptiens auraient-ils utilisé l’eau pour bâtir leurs monuments les plus imposants ? C’est l’hypothèse défendue par une étude publiée le 24 juillet 2024 dans la revue scientifique PLOS ONE : des ascenseurs hydrauliques, actionnés par l’eau, auraient permis de soulever les blocs de pierre lors de la construction de la pyramide à degrés de Djéser, à Saqqarah.

Cette théorie remet en cause l’explication traditionnelle, qui repose sur l’usage de rampes et de leviers manœuvrés par une main-d’œuvre considérable.

L’auteur de l’étude, Xavier Landreau, du CEA Paleotechnic Institute, en France, décrit un mécanisme pour une construction datée d’environ 2650 avant J.-C. Haute de 62 mètres, la pyramide de Djéser est considérée comme l’une des premières structures pyramidales d’Égypte, bâtie sous le règne du roi Djéser, au début de la Troisième Dynastie.

Source : Landreau, Piton and al.

Un système fondé sur la flottabilité

Selon l’étude, deux puits intégrés à la pyramide auraient fait office de canaux. L’eau y aurait exercé une pression suffisante pour faire flotter les blocs de calcaire et les hisser sur des plateformes, à la manière d’un ascenseur. Au centre de la structure, un conduit vertical aurait amplifié cet effet, propulsant les pierres vers les strates les plus hautes du monument. Les chercheurs ont baptisé cette technique la construction volcanique.

L’eau nécessaire aurait été puisée dans le Nil lors des crues annuelles, puis stockée dans l’enceinte de Gisr el-Mudir, un ouvrage qui aurait servi de barrage. Cette structure mesurerait près de 2 kilomètres de long et 15 mètres d’épaisseur. Une installation adjacente aurait servi à retenir les sédiments et à purifier l’eau, la rendant potable, tandis qu’un réseau de conduits souterrains s’étendrait sur 7 kilomètres sous le site.

Selon l’étude, Gisr el-Mudir et le réseau construit sous la pyramide apparaissent interconnectés, ce qui renforce la thèse d’un usage hydraulique organisé pour la construction.

Pour aboutir à ces conclusions, l’équipe a recoupé plusieurs dizaines d’images satellites avec des données archéologiques accumulées au cours du siècle précédent, puis a fait analyser ces résultats par des ingénieurs et des scientifiques de plusieurs disciplines. Le recours aux vues aériennes s’est répandu ces dernières années, permettant de mener certaines études sans mobiliser d’archéologues sur le terrain.

Si elle se confirme, cette hypothèse constituerait l’utilisation la plus ancienne connue d’un système hydraulique dans un édifice monumental en pierre. Elle n’exclut pas totalement l’usage de rampes traditionnelles, mais suggère que ces ascenseurs auraient nettement facilité le chantier, à une période où le climat du nord-est de l’Afrique était plus doux et plus pluvieux, selon la revue Archaeology News.

L’article publié dans PLOS ONE précise toutefois que des fouilles sur le site de Saqqarah restent nécessaires pour confirmer ces observations. Des institutions pourraient dépêcher des chercheurs sur le terrain dans les mois suivant la publication. En attendant, la découverte souligne le niveau technique atteint par les bâtisseurs égyptiens il y a plus de 4 500 ans, et pourrait orienter de nouvelles recherches sur d’autres usages possibles de ce mécanisme, notamment dans le cadre de l’inhumation royale.

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