Benjamin Netanyahu rejette le plan de paix accepté par le Hamas : « Israël ne retirera pas ses troupes de Gaza », la rupture est consommée

Netanyahu claque la porte au plan de paix pourtant validé par le Hamas, et ferme aussi celle d’un futur État palestinien. Retrait israélien, désarmement, élections à risque : la crise s’enlise à Gaza.

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Benjamin Netanyahu rejette le plan de paix accepté par le Hamas : « Israël ne retirera pas ses troupes de Gaza », la rupture est consommée
Benjamin Netanyahu rejette le plan de paix accepté par le Hamas : « Israël ne retirera pas ses troupes de Gaza », la rupture est consommée © Armees.com

Benjamin Netanyahu a annoncé, dimanche 9 août 2026, qu’Israël « rejette » le plan américain pour Gaza, présenté fin juillet 2026 par le « Conseil de paix » de Donald Trump et pourtant accepté par le Hamas. Le Premier ministre israélien conditionne désormais tout retrait israélien du territoire à un désarmement véritable du mouvement islamiste.

C’est lors d’une réunion de son cabinet que Netanyahu a tranché : « Israël rejette le document en 15 points », a-t-il déclaré, avant d’ajouter que l’armée « n’effectuera aucun retrait tant que le Hamas ne sera pas véritablement désarmé ». Ce texte devait pourtant lancer la deuxième étape du plan de paix pour Gaza.

Le chef du gouvernement israélien a précisé sa définition du désarmement attendu : « les armes lourdes, les armes moins lourdes, toutes les armes », relaye franceinfo. Il insiste sur la distinction entre un geste réel et une opération de façade. « Nous parlons d’un véritable désarmement, pas d’un désarmement fictif », a-t-il martelé, tout en évoquant des discussions en cours avec Washington sur les objections israéliennes.

« Ils ont des idées ; certaines nous conviennent et d’autres non, et nous savons défendre nos positions sur ces questions », a-t-il ajouté.

Cette prise de position, précédée de plusieurs jours de réticences affichées, intervient alors que Netanyahu doit composer avec une forte contestation de ses alliés d’extrême droite. Des élections législatives, jugées délicates, se profilent dans les mois à venir. Le Premier ministre en a profité pour fermer une autre porte, affirmant, selon le quotidien Haaretz, que tant qu’il serait Premier ministre, aucun État palestinien ne verrait le jour, ni à Gaza, ni en Judée-Samarie.

Le Hamas exhorte Washington à faire pression sur Netanyahu

Dès dimanche, un responsable du Hamas a réagi auprès de l’AFP, sous couvert d’anonymat, en appelant les États-Unis à intervenir, déclarant qu’ils attendaient des médiateurs et du garant américain qu’ils fassent pression sur Netanyahou et son gouvernement afin qu’ils respectent la feuille de route et n’entravent pas le processus pour des raisons de politique intérieure ou électorale.

Le mouvement islamiste avait pourtant accepté le plan dans sa version publiée par le Conseil de paix, laquelle lie son propre désarmement à un retrait progressif des troupes israéliennes, une approche que le Hamas défend de longue date face à l’idée d’une reddition unilatérale de son arsenal. Samedi 8 août, il s’était déjà redit prêt à mettre en œuvre ce texte, à condition qu’Israël donne son aval et commence à l’appliquer.

Sur le terrain, le blocage est concret : le Comité national pour l’administration de Gaza, organe technocratique palestinien censé assurer le désarmement du Hamas et le stockage de son arsenal durant la phase transitoire, reste bloqué en Égypte. Israël refuse de le laisser entrer dans le territoire.

Lundi 3 août, le haut représentant du Conseil de paix pour Gaza, Nikolaï Mladenov, avait pourtant rencontré Netanyahu pour tenter de le rassurer, lui assurant qu’aucun retrait n’interviendrait avant un désarmement complet du Hamas. Dans un entretien à la chaîne israélienne Channel 12, Mladenov avait qualifié le plan de « seule voie à suivre » pour éviter une attaque similaire à celle du 7 octobre 2023. Cette garantie n’a pas suffi à convaincre la partie israélienne.

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