Le message annonçant que Jon Rossier a trouvé l’or crépite dans les postes radio le 16 septembre 1981. Jon Rossier, un plongeur de 27 ans, vient de mettre la main sur ce que des générations de chasseurs de trésors cherchaient depuis près de quarante ans : les lingots d’or du HMS Edinburgh, engloutis dans les profondeurs glacées de la mer de Barents, raconte Popular Mechanics.
Le navire avait quitté les rives soviétiques le 28 avril 1942 avec, en soute, 465 lingots d’or appartenant à Staline et destinés à payer du matériel de guerre livré par les États-Unis, une cargaison qui valait alors 1,5 million de livres sterling.
Quelques jours après son départ, des avions allemands le repèrent. Suivent des sous-marins, qui lancent une première salve de quatre torpilles sans succès, puis quatre autres dont une touche gravement la poupe du croiseur léger. Il faut le prendre en remorque.
L’attente ne dure que deux jours. Le HMS Edinburgh est de nouveau torpillé. Cinquante-huit marins britanniques meurent dans l’attaque, et la marine britannique finit par saborder son propre navire, qui coule avec son chargement d’or.
Un consortium relance le projet à la fin des années 1970
L’or était couvert par une assurance de guerre, ce qui explique en partie pourquoi personne ne se précipite pour aller le chercher. Un premier projet de récupération est amorcé en 1954, mais suspendu faute de coopération et de moyens.
Il faut attendre la fin des années 1970 pour que Keith Jessop, chasseur de trésors marins, relance l’affaire. Son consortium germano-britannique décroche un contrat avec le gouvernement britannique selon le principe « pas de résultat, pas de paiement » : Jessop ne toucherait rien s’il échouait, mais 45 % de la valeur de l’or en cas de succès.
L’épave est localisée à 400 kilomètres au nord-est de la baie de Kola grâce aux témoignages de survivants et aux archives. Des plongeurs explorent alors le site sous l’œil de représentants soviétiques et britanniques. Les dégâts causés par les torpilles obligent l’équipe à passer des semaines sous l’eau pour déblayer et sécuriser l’épave, qui contient encore des bombes susceptibles d’exploser.
C’est dans ce contexte que Rossier lance son message radio, ce 16 septembre 1981. Sur les 465 lingots enfouis, chacun pesant environ 10,4 kilos, 431 sont remontés à la surface à l’aide de cages métalliques, avant que des conditions météorologiques défavorables ne contraignent l’équipe à quitter les lieux.
Le partage se fait ainsi : 161 lingots pour le consortium, le reste réparti entre l’URSS et le ministère britannique du Commerce. La somme récupérée à l’époque représentait près de 40 millions de livres sterling, soit environ 47 millions d’euros.
L’affaire ne s’arrête pas là. En 1986, l’équipe de plongeurs revient sur l’épave et extrait vingt-neuf lingots supplémentaires. Au terme de cette seconde opération, il ne reste que cinq lingots jamais retrouvés sur les 465 initiaux.








