L’Ukraine remplace ses soldats par 50 000 robots terrestres en première ligne

Une zone de 25 kilomètres jugée trop dangereuse pour l’homme : voilà pourquoi Kiev mise tout sur 50 000 robots de combat d’ici 2026. Une révolution silencieuse qui pourrait rebattre les cartes du front.

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L'Ukraine remplace ses soldats par 50 000 robots terrestres en première ligne
L’Ukraine remplace ses soldats par 50 000 robots terrestres en première ligne © Armees.com

Le gouvernement ukrainien veut produire au moins 50 000 robots terrestres de combat et de logistique en 2026. Ces machines doivent soutenir l’infanterie et limiter l’exposition des soldats dans les zones les plus dangereuses du front, selon des informations rapportées par Bloomberg.

Cette montée en puissance, selon Bloomberg, s’appuie déjà sur plusieurs opérations menées sur le terrain. Dans l’est du pays, près de Dobropillia, la 93e brigade mécanisée a engagé un robot équipé d’un lance-flamme contre des positions russes installées en lisière boisée.

L’intervention a ensuite permis à des mitrailleurs ukrainiens de neutraliser les combattants encore présents. Le conflit, selon Bloomberg, est passé de mouvements de troupes à grande échelle à une impasse marquée par une surveillance constante par drones et des frappes de précision.

D’autres épisodes illustrent cette utilisation croissante. À l’est de Donetsk, un robot lance-flammes a servi à repousser des troupes d’assaut russes. Dans le sud, une mitrailleuse télécommandée a été acheminée par un drone naval pour dégager la flèche de Kinburn.

Une zone de 25 kilomètres jugée trop dangereuse pour l’homme

Robert Brovdi, chef des Forces des systèmes sans pilote, souligne que ces machines sont vitales dans ce qu’il appelle la zone de combat, un périmètre situé dans un rayon de 25 kilomètres du front où la densité des drones rend la présence humaine extrêmement dangereuse.

Le président Volodymyr Zelensky a de son côté insisté sur le rôle devenu indispensable de ces engins dans une défense moderne, entre combats, évacuation des blessés et logistique de première ligne. Cette production doit soutenir une armée de 900 000 hommes, alors que le pays fait face à des difficultés internes de mobilisation et de conscription.

L’actuel commandant en chef, Mykhailo Drapatyi, continue de donner la priorité à la robotique pour obtenir un avantage tactique. Ce choix prolonge une stratégie asymétrique déjà défendue par d’anciens responsables, face au désavantage démographique et économique de l’Ukraine.

Taras Ostapchuk, de l’entreprise Ratel Robotics, rappelle que ces véhicules restent des outils destinés à assister l’infanterie en transportant ravitaillement et munitions, pas des substituts aux soldats. Les experts du secteur soulignent que les robots ne peuvent pas remplacer entièrement les combattants humains.

Côté russe, Moscou a suivi certaines de ces tendances en améliorant ses drones de type iranien et en développant un système de guidage par fibre optique pour contourner le brouillage des signaux.

L’intérêt dépasse les frontières ukrainiennes. Les membres de l’OTAN étudient ces avancées tactiques, même si l’adhésion de l’Ukraine à l’Alliance reste incertaine. Kiev renforce par ailleurs ses partenariats de défense avec les États-Unis, les Pays-Bas et l’Arabie saoudite. Des responsables américains ont salué la capacité du réseau intégré de drones ukrainiens à synchroniser capteurs et plates-formes d’armes, la jugeant supérieure à celle des systèmes américains.

Le rythme de production, lui, s’accélère. Des entreprises comme Tencore, qui ont démarré dans de petits garages, produisent désormais des milliers d’unités capables de déployer de grandes quantités de mines antichars.

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