La Grèce déploie un « bouclier d’Achille » à 3,1 milliards d’euros : trois systèmes israéliens combinés pour couvrir tout son territoire

3,1 milliards d’euros, trois ans de délai, et une frontière sous haute tension avec la Turquie. Voici pourquoi Athènes mise tout sur un dôme antimissile inspiré du modèle israélien pour changer la donne militaire.

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La Grèce déploie un « bouclier d'Achille » à 3,1 milliards d'euros : trois systèmes israéliens combinés pour couvrir tout son territoire
La Grèce déploie un « bouclier d’Achille » à 3,1 milliards d’euros : trois systèmes israéliens combinés pour couvrir tout son territoire © Armees.com

Le gouvernement grec a lancé un programme d’armement d’un montant total de 4,2 milliards d’euros. Il comprend l’acquisition, pour environ 3 milliards d’euros, d’un bouclier de défense aérienne et antimissile baptisé « bouclier d’Achille », acheté auprès d’Israël.

Le Conseil gouvernemental des affaires étrangères et de la défense, désigné en Grèce par le sigle Kysea, a approuvé au total onze programmes de soutien aux forces armées lors de cette réunion. Le quotidien I Kathimerini parle d’une nouvelle ère.

Le poste le plus lourd de la facture reste le dôme antiaérien de technologie israélienne, dont le coût atteindra environ 3,1 milliards d’euros et qui devra être livré dans les trois ans suivant la signature des contrats.

Conçu sur le modèle du Dôme de fer israélien, le bouclier d’Achille est un système intégré de défense aérienne et antimissile, à plusieurs couches, censé protéger le territoire grec contre les drones, les avions, les missiles de croisière et les missiles balistiques.

L’accord signé entre Athènes et Israël est un accord interétatique. Trois systèmes complémentaires doivent être acquis :

  • les Spyder AiO pour les menaces à courte portée,
  • les Barak MX pour les distances intermédiaires,
  • et les David’s Sling, ou fronde de David, pour intercepter les missiles de longue portée.

L’ensemble sera relié à un nouveau système de commandement et de contrôle doté d’outils d’intelligence artificielle, complété par de nouveaux radars destinés à moderniser le réseau grec de surveillance aérienne.

Nikos Dendias, ministre de la défense grec, a assuré à la sortie du conseil que ce système allait transformer les forces armées. Auparavant, elles n’étaient qu’un ensemble de personnels et de systèmes, a-t-il expliqué ; elles deviendront « une machine moderne capable de recueillir et d’analyser l’ensemble des données, puis de répondre à tous les défis ».

Le reste du programme, plus discret dans les chiffres, couvre l’achat d’avions de transport C-390 Millennium, de drones Heron, de missiles pour les hélicoptères Apache, d’embarcations furtives Victa pour les opérations spéciales et de systèmes sonar destinés aux frégates. Ces informations figurent dans un document du ministère grec de la Défense, confirmées par une source ministérielle.

Une modernisation amorcée depuis 2019

Athènes consacre 3 % de son produit intérieur brut à la défense, un taux supérieur à l’objectif de 2 % fixé par l’Otan. Ce niveau d’investissement s’explique par les tensions persistantes avec la Turquie, voisin et rival historique également membre de l’Alliance atlantique.

Depuis l’arrivée au pouvoir de Kyriakos Mitsotakis en 2019, le gouvernement conservateur a fortement investi dans la modernisation de ses forces armées. En avril 2025, il avait lancé une refonte de l’armée grecque étalée sur douze ans, pour un budget d’environ 25 milliards d’euros, présentée comme la plus importante de l’histoire moderne du pays. Athènes a par ailleurs signé un accord pour l’acquisition de 20 avions de combat F-35 de fabrication américaine.

La coopération avec Paris s’inscrit dans le même mouvement. La Grèce a déjà acquis des frégates françaises Belharra et des avions de combat Rafale. En avril 2026, les pays ont renouvelé l’accord de coopération en matière de défense signé en 2021, à l’occasion d’une visite du président français Emmanuel Macron, qui avait alors assuré que si sa souveraineté était menacée, la France serait à ses côtés.

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