Le Pentagone lance un missile air-air qui doit « fondamentalement remodeler le combat aérien » : les pilotes de chasse n’en reviennent pas

L’US Air Force prépare un missile air-air capable de frapper à 1 600 kilomètres, révolutionnant le combat aérien.

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Le Pentagone lance un missile air-air qui doit « fondamentalement remodeler le combat aérien » : les pilotes de chasse n'en reviennent pas
Le Pentagone lance un missile air-air qui doit « fondamentalement remodeler le combat aérien » : les pilotes de chasse n’en reviennent pas © Armees.com

L’aviation militaire américaine s’apprête à franchir une nouvelle étape dans l’armement : le Pentagone a lancé le développement d’un nouveau missile air-air, censé « fondamentalement remodeler le combat aérien à longue portée », rapporte le magazine Geo. Objectif annoncé : une portée de 1 600 kilomètres, soit de quoi frapper l’adversaire bien avant qu’il n’entre lui-même en portée de tir.

Viser plus loin que jamais

L’US Air Force dispose déjà de systèmes comme le missile AIM-120 AMRAAM et l’AIM-174B. Le futur missile promet toutefois dix fois leur portée. Il se rapprocherait ainsi de l’AGM-86B, capable d’atteindre plus de 2 400 kilomètres. Ce projet s’inscrit dans le programme « Air Force Long Range Weapon » (AFLRW), supervisé par le U.S. Air Force Life Cycle Management Center.

Le programme privilégie d’abord un missile air-sol à longue portée, avant la variante air-air. Les défis techniques restent importants, notamment pour maintenir une vitesse hypersonique. Selon les estimations, à Mach 5, le missile couvrirait 1 600 kilomètres en 16 minutes.

Relever les défis technos et stratégiques

Pour mener ce projet à bien, le Pentagone devra surmonter plusieurs verrous d’ingénierie, notamment la détection et le suivi de cibles à très longue distance. Une piste envisagée est la mise au point d’un indicateur de cible en mouvement basé dans l’espace : le Space-Based Advanced Moving Target Indicator (SB-AMTI). SpaceX a été choisie pour ce volet, via un contrat évalué à 3,83 milliards d’euros, avec une capacité opérationnelle attendue pour 2028.

Une propulsion avancée, comme le scramjet hypersonique, est aussi à l’étude pour ce missile, dans la lignée des technologies émergentes développées par l’armée américaine. D’autres options envisagent le lancement de missiles balistiques depuis l’air, avec des vitesses annoncées entre 4 et 5 km/s.

S’adapter aux plateformes existantes

La compatibilité avec les avions actuels est un autre gros défi. Le futur missile pourrait être trop lourd pour les chasseurs classiques, ce qui le rendrait plus adapté aux bombardiers stratégiques comme le B-52 et le B-21 Raider, à l’instar du missile LRASM. Il faudra aussi que ses dimensions permettent l’intégration dans la baie d’armes interne de ces appareils, d’où l’intérêt d’une conception modulaire et adaptable.

Ces missiles visent spécifiquement une gamme restreinte d’appareils à haute valeur : les avions de détection et de commandement aéroportés (AEW&C), les avions ravitailleurs, les avions de transport militaire et les bombardiers stratégiques.

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