Le 120MC de Thales, une nouvelle génération de mortier mobile pour les combats de haute intensité

Le 120MC développé par Thales pourrait enrichir les capacités d’appui-feu de l’armée de Terre. Mobile, rapide à déployer et conçu pour survivre sur un champ de bataille saturé de drones, ce nouveau mortier de 120 mm a récemment été évalué en France.

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Le 120MC développé par Thales pourrait enrichir les capacités d’appui-feu de l’armée de Terre. Mobile, rapide à déployer et conçu pour survivre sur un champ de bataille saturé de drones, ce nouveau mortier de 120 mm a récemment été évalué en France. Defense.gouv
Le 120MC développé par Thales pourrait enrichir les capacités d’appui-feu de l’armée de Terre. Mobile, rapide à déployer et conçu pour survivre sur un champ de bataille saturé de drones, ce nouveau mortier de 120 mm a récemment été évalué en France. Defense.gouv | Armees.com

Alors que les armées européennes réévaluent leurs besoins en matière d’appui-feu indirect, les systèmes de mortiers mobiles retrouvent une place centrale dans les doctrines de combat. Dans ce contexte, Thales développe le 120MC, un mortier de 120 mm embarqué sur véhicule léger. Récemment testé par l’armée de Terre lors d’une campagne d’évaluation à Canjuers, ce système vise à conjuguer puissance de feu, mobilité tactique et capacité de survie face aux nouvelles menaces du champ de bataille moderne.

Le 120MC, une réponse aux évolutions du combat terrestre

Depuis le retour des conflits de haute intensité en Europe, l’artillerie est redevenue un facteur déterminant sur le terrain. Les opérations menées en Ukraine ont notamment démontré l’importance des feux indirects, mais aussi la vulnérabilité croissante des systèmes statiques face aux drones de surveillance et aux tirs de contre-batterie. Dans ce contexte, les armées recherchent des équipements capables de frapper rapidement tout en limitant leur exposition.

C’est précisément dans cette logique que s’inscrit le 120MC développé par Thales. Le système repose sur l’intégration d’un mortier de 120 mm sur une plateforme 4×4 légère, permettant de combiner la puissance d’un mortier lourd avec la mobilité d’un véhicule tactique. Selon les informations communiquées par l’industriel, le système a récemment fait l’objet d’une campagne d’essais conduite avec l’armée de Terre sur le camp de Canjuers. Au cours de cette évaluation, une cinquantaine de tirs ont été réalisés afin de valider les performances opérationnelles de la solution.

L’une des particularités du 120MC réside dans l’utilisation du même tube que celui équipant le mortier rayé tracté de 120 mm déjà largement utilisé par les forces françaises. Cette continuité technique présente plusieurs avantages. Elle permet notamment de conserver les mêmes caractéristiques balistiques et les mêmes munitions, tout en réduisant les contraintes logistiques et les besoins de formation.

Au-delà de la seule puissance de feu, l’objectif est surtout d’améliorer la réactivité des unités. Grâce à son intégration sur un véhicule léger, le système peut changer rapidement de position après un tir. Cette capacité de « shoot and scoot », devenue essentielle sur les champs de bataille contemporains, vise à réduire les risques de détection et de destruction par les moyens adverses.

Une solution complémentaire aux capacités déjà en service

L’armée de Terre poursuit actuellement la modernisation de ses moyens d’appui avec le déploiement progressif du mortier embarqué sur Griffon MEPAC. Ce dernier offre une capacité de tir protégée depuis un véhicule blindé, destinée principalement aux régiments d’artillerie. Le 120MC ne semble toutefois pas destiné à remplacer ces systèmes, mais plutôt à compléter l’éventail des capacités disponibles.

Thales présente d’ailleurs son nouveau mortier mobile comme un élément supplémentaire au sein de sa gamme d’appui-feu terrestre. L’industriel met en avant une combinaison de mobilité, de rapidité de mise en œuvre et de simplicité logistique susceptible d’intéresser des unités ayant besoin d’une forte autonomie tactique. Le recours à un véhicule léger permet également de réduire les coûts d’acquisition et d’exploitation par rapport à des plateformes blindées plus lourdes.

Les images diffusées par Thales laissent apparaître une coopération avec l’entreprise espagnole Escribano Mechanical & Engineering, spécialisée dans les systèmes terrestres et les tourelles téléopérées. Le véhicule utilisé lors des essais était quant à lui un VECTOR 4×4 conçu par la société néerlandaise Defenture. Ce choix illustre la volonté de proposer une solution modulaire pouvant être adaptée à différentes plateformes selon les besoins des utilisateurs.

Le concept rappelle également certains systèmes déjà présents sur le marché international, notamment le mortier embarqué Alakran développé par l’entreprise espagnole NTGS. Ces équipements répondent à une même tendance : fournir une capacité d’appui-feu indirect à des unités légères tout en conservant une grande liberté de manœuvre.

L’intérêt croissant pour ce type de solution s’explique par l’évolution rapide des menaces. Les drones d’observation, les radars de contre-batterie et les munitions rôdeuses réduisent considérablement le temps dont disposent les unités d’artillerie après l’ouverture du feu. Dans ce contexte, la mobilité devient presque aussi importante que la portée ou la cadence de tir.

Le 120MC pourrait ainsi trouver sa place dans les futures réflexions capacitaires de l’armée de Terre. Sans remettre en cause les programmes déjà engagés, il offre une approche complémentaire reposant sur la dispersion, la rapidité et l’agilité tactique. Les résultats des essais menés à Canjuers constituent une étape importante, mais d’éventuelles décisions d’acquisition dépendront désormais des priorités budgétaires et opérationnelles françaises.

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