L’administration Trump accepte de laisser tomber le fond « anti instrumentalisation »

L’administration Trump abandonne définitivement son controversé fonds « anti instrumentalisation » de 1,8 milliard de dollars après une opposition bipartisane et des blocages judiciaires. Cette décision marque un recul majeur pour les États-Unis face aux critiques dénonçant une « caisse noire » destinée aux partisans trumpistes.

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L’administration Trump accepte de laisser tomber le fond « anti instrumentalisation » © Armees.com

L’administration de Donald Trump a officiellement renoncé à son projet de fonds « anti-instrumentalisation » doté de 1,8 milliard de dollars, sous la pression conjuguée d’une opposition bipartisane inédite et de blocages judiciaires successifs. Cette capitulation marque un recul cinglant pour une initiative que Washington présentait comme une réparation des « persécutions politiques » orchestrées sous l’administration Biden.

Todd Blanche, ministre de la Justice par intérim et ancien avocat personnel de Trump, a tranché mardi lors d’une audition parlementaire : « Nous ne poursuivons pas la création de ce fonds, point final. » L’annonce intervient après qu’une juge fédérale eut temporairement gelé toute opération liée à ce mécanisme d’indemnisation, lui ôtant toute assise juridique. 

Un dispositif financier aux contours flous et controversés

Annoncé le 18 mai dernier, ce fonds devait dédommager les personnes prétendument victimes d’une « instrumentalisation » de la justice sous l’administration précédente. Le ministère de la Justice défendait encore la veille un dispositif « ouvert à quiconque a été victime d’une instrumentalisation de la justice, ciblé ou persécuté, qu’il soit démocrate, républicain, conservateur, indépendant ou autre ». Selon Les Échos, les doutes sur la viabilité politique du projet étaient pourtant bien antérieurs à son abandon formel.

Les critères d’éligibilité, délibérément étendus, avaient cependant de quoi inquiéter. Les opposants redoutaient notamment que des participants aux émeutes du Capitole du 6 janvier 2021, y compris ceux condamnés pour agressions contre les forces de l’ordre, puissent bénéficier de ces compensations. Au total, 1,8 milliard de dollars étaient provisionnés, sans qu’aucun membre du comité de gestion n’ait été nommé, sans qu’aucune demande d’indemnisation n’ait été traitée, et avec un gel judiciaire effectif depuis le 29 mai 2026.

Une résistance bipartisane exceptionnelle

L’abandon de ce projet illustre une opposition rare au sein même du camp républicain. John Thune, chef de la majorité au Sénat, s’était fermement arc-bouté contre cette initiative, conditionnant son soutien à un vaste package budgétaire de 72 milliards de dollars à la suppression pure et simple du fonds.

Du côté démocrate, Chuck Schumer avait annoncé sur X que son parti déposerait « une législation pour interdire la caisse noire corrompue MAGA de Trump et s’assurer qu’aucun président ne puisse jamais recommencer ». Même l’ancien vice-président Mike Pence avait jugé le projet « mauvaise idée dès le départ ». Selon la BBC, cette résistance transpartisane reflétait avant tout des préoccupations électorales à l’approche des élections de mi-mandat de novembre 2026, les républicains redoutant les répercussions dans les urnes.

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