Depuis le début de la guerre en Iran, Téhéran utilise le détroit d’Ormuz comme un moyen de pression face aux États-Unis. Pour aller plus loin, le régime des mollahs vient d’instaurer des frais de « service de navigation » à tous les bateaux empruntant ce passage maritime stratégique.
L’Iran impose des frais dans le détroit d’Ormuz
Le détroit d’Ormuz redevient un point de tension majeur au Moyen-Orient. Après plusieurs semaines de crise maritime et de perturbations du trafic pétrolier, l’Iran a officialisé la perception de frais de « services de navigation » auprès des navires commerciaux transitant par cette voie stratégique, par laquelle passe environ un cinquième du commerce mondial d’hydrocarbures. Derrière cette décision présentée comme administrative, Téhéran poursuit en réalité plusieurs objectifs.
Le 25 mai 2026, le ministère iranien des Affaires étrangères a confirmé l’instauration de frais liés à la navigation dans le détroit d’Ormuz. Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaeil Baqaei, a insisté sur le fait qu’il ne s’agissait « pas d’un péage », mais d’une contribution destinée à financer des services maritimes et des mesures environnementales dans cette zone hautement sensible.
Le détroit d’Ormuz au cœur de la stratégie économique iranienne
Le détroit d’Ormuz constitue l’un des points de passage maritimes les plus stratégiques au monde. Avant les perturbations liées au conflit régional déclenché fin février 2026, près de 20 % du commerce mondial de pétrole et de gaz naturel liquéfié transitaient quotidiennement par cette voie maritime étroite d’environ 35 kilomètres à son point le plus resserré.
Face à l’impact des sanctions occidentales et à la pression militaire américaine, l’Iran cherche désormais à transformer cette position géographique en levier économique. Téhéran a créé une nouvelle structure baptisée Persian Gulf Strait Authority, chargée de gérer les transits et de collecter les paiements auprès des navires commerciaux.
Les autorités iraniennes affirment que ces frais couvrent plusieurs prestations. « Les services fournis, notamment les services de navigation ainsi que les mesures nécessaires pour protéger l’environnement du détroit d’Ormuz, du golfe Persique et de la mer d’Oman, nécessitent la perception de certains frais », a déclaré Esmaeil Baqaei lors d’un point presse hebdomadaire.
Pourquoi l’Iran veut contrôler la navigation dans le détroit d’Ormuz ?
Au-delà des recettes financières, l’objectif iranien consiste également à renforcer son contrôle militaire et politique sur cette artère énergétique mondiale. La nouvelle autorité maritime iranienne exige désormais des compagnies qu’elles transmettent des informations détaillées sur leurs cargaisons, leurs équipages, leurs assurances et leurs itinéraires avant toute autorisation de passage.
Cette mesure s’inscrit dans une stratégie de démonstration de souveraineté. L’Iran revendique désormais une vaste zone de gestion maritime qui empiète sur des eaux considérées comme souveraines par les Émirats arabes unis et Oman. Cette extension territoriale a immédiatement provoqué des protestations diplomatiques dans le Golfe.
Par exemple, le Bahreïn, le Koweït, le Qatar ou encore l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont ainsi adressé une lettre commune à l’Organisation maritime internationale pour demander aux compagnies de ne pas reconnaître les exigences iraniennes.
En réalité, Téhéran cherche surtout à institutionnaliser le contrôle exercé depuis plusieurs mois par les Gardiens de la révolution sur les mouvements maritimes dans le détroit. Le régime iranien utilise cette pression comme un moyen de négociation indirect avec les États-Unis et leurs alliés régionaux.








