Le Canada a refait les gros titres après la révélation d’une commande discrète de systèmes de lance‑roquettes multiples M142 HIMARS. Cette démarche, tenue loin des annonces officielles, met en lumière des enjeux stratégiques et politiques importants pour Ottawa. Sans déclaration formelle du gouvernement, la commande est devenue apparente après la publication d’un avis du Pentagone le 29 avril. L’accord, qui semblerait avoir été signé dès le mois de janvier, a évité les feux de la rampe.
Quel avenir militaire pour le Canada ?
Le pays a récemment reconsidéré l’achat de 88 chasseurs‑bombardiers F-35A, plaçant le Canada à un véritable carrefour stratégique. Ce choix traduit aussi une volonté de réduire la dépendance des forces canadiennes aux équipements américains, une volonté renforcée par des relations tendues avec l’administration de l’ancien président Donald Trump. En février, la publication de la « Stratégie industrielle de défense du Canada » a fixé un nouvel objectif : que 70 % des contrats d’armement reviennent à des entreprises canadiennes d’ici 2035, contre 43 % aujourd’hui. Le Premier ministre Mark Carney a d’ailleurs déclaré : « Le Canada n’a ni dépensé suffisamment en défense, ni investi assez dans ses industries de défense ». La discrétion qui a entouré l’achat des HIMARS pourrait donc viser à éviter un décalage entre cet objectif et la réalité opérationnelle.
Que veut dire l’achat des HIMARS ?
Le M142 HIMARS, ou « Système de lance‑roquettes d’artillerie à haute mobilité », est développé par Lockheed Martin et largement utilisé par l’US Army et l’US Marine Corps. Il offre des frappes de précision à longue portée et se commercialise via le dispositif FMS (Foreign Military Sales). Une autorisation pour l’acquisition de 26 systèmes HIMARS avait été accordée en octobre, pour un montant estimé à 1,61 milliard d’euros. À ce jour, un contrat portant sur 17 systèmes a été évoqué, d’une valeur de 1,01 milliard d’euros. Parmi les pays destinataires figurent les États‑Unis, le Canada, l’Estonie et l’Australie. Des médias comme Radio Canada rappellent que le gouvernement n’a pas publié d’annonce officielle sur cette acquisition.
Réactions et échos dans les médias
L’Ottawa Citizen a indiqué en mars 2025 que les responsables militaires canadiens restent très proches de leurs homologues américains, ce qui explique une certaine réticence à s’éloigner des États‑Unis. Des sources proches du dossier ont aussi révélé qu’une déclaration avait été préparée puis retirée, par peur d’un retour de bâton lié à la mise en avant du soutien aux équipements canadiens. L’Ottawa Citizen et Radio Canada pointent la même chose : une absence de transparence publique alors même que des transactions se finalisent.








