Le récent envoi de troupes britanniques vers l’Allemagne a adopté une démarche logistique qu’on n’avait pas vue depuis vingt ans : affréter un ferry passagers civil. C’est une approche pensée pour optimiser la rapidité de déploiement, notamment dans le cadre de l’exercice militaire majeur « Rhino Storm ». Ce choix montre aussi les efforts de l’OTAN pour renforcer sa capacité de réaction face aux menaces actuelles tout en tirant parti des infrastructures civiles.
Le transport civil, ça marche depuis longtemps
La 7th Light Mechanised Brigade, mieux connue sous le nom des « Desert Rats », a été au centre de l’opération, avec le Lieutenant Lucas Handyside et le Brigadier Andrew Watson dans des rôles clés. Pour la première fois depuis plus de vingt ans, plus de 1 400 soldats britanniques ont embarqué sur un ferry civil, le King Seaways, opéré par la compagnie maritime DFDS, confirme le UK Defence Journal. Le navire est parti de Newcastle (Royaume-Uni), a traversé la Mer du Nord pour arriver aux Pays-Bas, puis les soldats ont été transportés par rail jusqu’en Allemagne.
L’utilisation de ferries civils à cette échelle n’est pas une nouveauté dans l’histoire militaire britannique : ces moyens ont servi lors d’événements majeurs comme l’évacuation de Dunkerque, le Jour J, et la guerre des Malouines. Recourir à ces infrastructures reste donc une option viable pour des opérations de grande ampleur, tout en épargnant les moyens militaires classiques.
Que vise l’exercice Rhino Storm ?
« Rhino Storm » fait partie de la série d’exercices OTAN Steadfast Defender 27. Les objectifs sont triples : tester la capacité à déployer des forces rapidement à travers l’Europe, prouver la capacité à délivrer une puissance de combat crédible, et démontrer la coopération multinationale au sein de la Force de Réaction Avancée de l’OTAN. La participation de l’unité française partenaire, la 13th Demi-Brigade de la Légion étrangère, souligne l’importance donnée à la coopération internationale.
Même si le transport aérien reste une option, transporter 1 400 soldats exigerait au minimum sept avions RAF Voyager, plus des rotations supplémentaires pour l’équipement. Cela montre la valeur opérationnelle du transport maritime civil et l’importance de la logistique militaire. Le commandant de compagnie des Scots Guards a d’ailleurs expliqué que le transport aérien stratégique serait « complètement saturé » si on s’y fiait exclusivement.








