« 5 mines par jour, pas plus » : un officier de marine explique pourquoi la France cherche des alliés avant d’envoyer ses chasseurs dans le détroit d’Ormuz

La menace de mines dans le détroit d’Ormuz pourrait bouleverser le commerce mondial.

Publié le
Lecture : 2 min
« 5 mines par jour, pas plus » : un officier de marine explique pourquoi la France cherche des alliés avant d'envoyer ses chasseurs dans le détroit d'Ormuz
« 5 mines par jour, pas plus » : un officier de marine explique pourquoi la France cherche des alliés avant d’envoyer ses chasseurs dans le détroit d’Ormuz © Armees.com

Le détroit d’Ormuz, passage clé pour le commerce mondial, est de nouveau sous les projecteurs à cause de menaces de minage venant d’Iran. Dans ce climat incertain, la France envisage une possible intervention pour sécuriser cette zone stratégique, ce qui pourrait nécessiter une coopération internationale importante.

Ce qui se passe sur le plan géopolitique et les menaces

Le 9 avril, les Gardiens de la Révolution (la puissante force armée iranienne) ont évoqué la possibilité que le détroit d’Ormuz soit miné et ont conseillé aux navires de prendre des « routes alternatives » pour éviter des collisions avec des mines. Selon l’Office of Naval Intelligence des États-Unis, l’Iran disposerait jusqu’à 6 000 mines de différents types.

Cette situation tendue se déroule alors qu’un cessez-le-feu a été négocié entre Téhéran et Washington, un cessez-le-feu qualifié « d’extrêmement précaire » par Catherine Vautrin, la ministre des Armées française. Même si ce cessez-le-feu a été instauré pour deux semaines, personne ne sait combien de temps il tiendra.

Face à ces menaces, la France examine ses options. Sur BFMTV, Catherine Vautrin a déclaré que « rien n’est à exclure » concernant une participation française au déminage du détroit. Mais cette piste bute sur les capacités actuelles françaises en matière de déminage : les chasseurs de mines tripartites français, peu armés et vieillissants, offrent des défenses limitées.

Les moyens techniques et ce que la France peut apporter

La France dispose de 10 chasseurs de mines, chacun mesurant environ 50 mètres et embarquant un équipage d’environ 50 marins. Ces navires sont conçus pour réduire les risques de détection par les mines grâce à des coques en fibre de verre et des moteurs silencieux. Ils peuvent neutraliser jusqu’à cinq mines par jour.

Pour autant, Stéphane Audrand, consultant et officier de réserve, insiste : « l’opération de déminage est impossible à mener aujourd’hui » sans un accord de Téhéran ou sans supériorité aérienne et navale dans la zone. La géographie du détroit complique aussi les choses, ce qui rend l’opération encore plus délicate.

Malgré ces limites, la France peut s’appuyer sur des compétences européennes reconnues, notamment celles du Royaume-Uni, de la Belgique et des Pays-Bas, qui disposent tous de moyens de déminage.

Les innovations qui changent la donne

Face aux limites des méthodes traditionnelles, des technologies comme les robots-drones et le système SLAM-F offrent des alternatives intéressantes. Exail, une entreprise française, fabrique des drones navals ultra-silencieux capables d’opérer jusqu’à 100 mètres de profondeur, ce qui réduit le risque pour les personnes.

Le recours aux drones est aussi plus économique : le coût unitaire varie de 100 000 à plusieurs millions d’euros par drone, soit bien moins cher que l’entretien et le déploiement d’un chasseur de mines. L’OTAN a signé un contrat pour l’acquisition de plusieurs centaines de ces drones, ce qui souligne leur rôle stratégique croissant. « C’est moins coûteux pour les contribuables », indique Thomas Buret, directeur général d’Exail.

Laisser un commentaire

Share to...