Pourquoi ce moteur chinois à respiration atmosphérique inquiète le Pentagone : il propulse jets et missiles au-delà de Mach 6

Un moteur contra-rotatif révolutionnaire pourrait bouleverser l’aviation hypersonique.

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Pourquoi ce moteur chinois à respiration atmosphérique inquiète le Pentagone : il propulse jets et missiles au-delà de Mach 6
Pourquoi ce moteur chinois à respiration atmosphérique inquiète le Pentagone : il propulse jets et missiles au-delà de Mach 6 © Armees.com

Alors que la course mondiale aux systèmes de propulsion hypersonique s’intensifie, la Chine présente une nouveauté : un prototype de drone capable de voler à des vitesses supersoniques. Pensé pour transformer les capacités de vol des futurs avions de combat et des missiles, ce moteur promet de bousculer les pratiques actuelles en aviation. Porté par une équipe de chercheurs de l’Académie chinoise des sciences, le projet illustre l’ambition de la Chine de remettre en question les normes établies grâce à des technologies aéronautiques avancées.

Une idée de propulsion qui sort du lot

Le moteur contra-rotatif est dirigé par le Dr Xu Jianzhong, académicien de l’Académie chinoise des sciences, et vise à remplacer les systèmes classiques qui combinent turbines et statoréacteurs, tout comme le canon électrique innovant pourrait transformer l’artillerie moderne. Contrairement à ces architectures, le moteur fonctionne en continu, du démarrage à l’arrêt, et peut opérer jusqu’à des vitesses supérieures à Mach 6 sans avoir à changer de mode, rapporte Interesting Engineering.

Cette approche repose sur un compresseur contra-rotatif composé de deux jeux de pales tournant en sens opposé. Cette configuration réduit les forces centrifuges sur les composants et stabilise le comportement en vol. Autre point marquant : au lieu de vouloir minimiser les ondes de choc, le système les exploite pour comprimer l’air. Résultat : on peut supprimer les aubes-guide entre les étages de compression, ce qui rend la structure plus compacte et plus légère.

Ce qu’on attend en termes de performances

Les gains attendus ne se limitent pas à l’architecture, car les chercheurs estiment que ce moteur pourrait augmenter significativement la portée, la capacité de charge utile et la maniabilité des missiles hypersoniques, tout en réduisant leur masse, à l’instar des avancées en propulsion spatiale. À la différence des systèmes traditionnels à double mode, qui exigent une transition complexe et souvent risquée entre différentes configurations de propulsion, ce moteur simplifie le procédé grâce à son fonctionnement continu.

Dans une déclaration au China Science Daily, Xu Jianzhong a insisté sur l’enjeu stratégique : « Le développement par la Chine de moteurs à nouveau principe serait un choix stratégique pour briser le monopole occidental et même surpasser l’Occident. » Le projet s’inscrit dans une période où la Chine cherche activement à accroître ses capacités militaires et aérospatiales.

Un long chemin de recherche et développement

L’idée du moteur contra-rotatif remonte à environ l’année 2000, mais ce n’est qu’en 2009 que le projet a reçu un soutien institutionnel important. Le prototype, testé avec succès, est le fruit de plus de trente ans de développement et d’efforts pour surmonter des difficultés techniques, notamment dans la conception des cascades de pales et la validation expérimentale.

La suite des opérations pour l’équipe de chercheurs consiste à adapter la technologie à différents types d’aéronefs et à lancer des essais en vol. Cette étape décisive pourra vérifier et éventuellement confirmer les bénéfices théoriques dans des conditions réelles d’utilisation.

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