Les États-Unis prévoient une expansion militaire au Groenland : le Danemark découvre le projet et la réaction divise l’opinion

Les États-Unis, en quête de bases au Groenland, ravivent des tensions géopolitiques anciennes.

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Les États-Unis prévoient une expansion militaire au Groenland : le Danemark découvre le projet et la réaction divise l'opinion
Les États-Unis prévoient une expansion militaire au Groenland : le Danemark découvre le projet et la réaction divise l’opinion © Armees.com

L’intérêt des États-Unis pour le Groenland relance les tensions géopolitiques, alors que l’armée américaine veut renforcer sa présence sur l’île arctique. Le Groenland, qui fait partie du royaume du Danemark depuis plus de 300 ans, se retrouve au cœur des préoccupations stratégiques américaines, reflet d’un accroissement des importance stratégique dans l’Arctique et d’une volonté de sécuriser des positions clés face à des menaces grandissantes.

Négociations pour trois nouvelles bases

Les États-Unis discutent avec le Danemark pour obtenir l’accès à trois nouvelles bases au Groenland, dont deux avaient été abandonnées auparavant, explique le New York Times. Le projet se déroule dans une certaine opacité : le Pentagone, le Département d’État américain, et le ministère danois des Affaires étrangères refusent de commenter. Selon le général Gregory M. Guillot du U.S. Northern Command, l’objectif est de développer les infrastructures portuaires et les aérodromes pour disposer de plus d’options militaires au Groenland.

Les sites visés incluent Narsarsuaq et Kangerlussuaq. Narsarsuaq possède un port en eau profonde et une ancienne base américaine remontant à la Seconde Guerre mondiale, tandis que Kangerlussuaq, avec sa longue piste d’atterrissage, est adaptée pour accueillir de gros avions. Ces infrastructures avaient été démantelées par le passé, mais l’intérêt renouvelé de l’armée américaine pourrait changer la donne.

Un passé militaire qui revient aujourd’hui

Le Groenland a déjà connu une forte présence militaire américaine. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les forces américaines ont installé plus d’une douzaine de bases pour défendre le territoire, alors que le Danemark était sous occupation nazie. Pendant la Guerre froide, ces installations ont joué un rôle important pour les opérations américaines, avant un retrait progressif : Narsarsuaq dans les années 1950 et Kangerlussuaq dans les années 1990.

L’accord de défense danois-américain de 1951, actualisé en 2004, prévoit que toute modification majeure de la présence militaire américaine doit être précédée de consultations avec les autorités danoises et groenlandaises. Pourtant, des experts estiment que cet accord laisse une grande marge de manœuvre aux États-Unis, ce qui complique la tâche du Danemark pour freiner effectivement une expansion militaire américaine.

Ce que disent l’étranger et les habitants

L’idée d’une présence américaine renforcée au Groenland tend les relations entre les États-Unis et certains alliés européens, surtout après les menaces de l’ancien président Donald Trump de « récupérer » le Groenland. Le gouvernement danois, dirigé par Mette Frederiksen, avait alors rejeté ces avances en invoquant l’accord de 1951.

Sur place, la société civile montre son inquiétude. Anso Lauritzen, responsable d’un centre de chiens de traîneau, note une réticence générale parmi les habitants, tandis qu’Agnetha Mikka Petersen, résidente de Nuuk (capitale du Groenland), se dit mal à l’aise face à une présence militaire plus marquée. Cette appréhension n’est pas uniquement populaire : en janvier, certains responsables danois ont même envisagé de détruire des aérodromes pour limiter toute occupation américaine indésirable.

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