Dans un climat géopolitique tendu, la Chine semble vouloir prendre de l’avance avec le lancement d’un concept audacieux : le Luanniao. Présenté comme un « porte-avions aérien » de l’espace proche, ce projet suscite autant d’espoirs que de doutes. Intégré au Projet Nantianmen et développé par l’Aviation Industry Corporation of China (AVIC), le Luanniao se présente comme un atout militaire de taille, avec des dimensions et des capacités techniques hors norme.
Un projet qui ne passe pas inaperçu
Le Luanniao affiche des mensurations étonnantes : 242 m de long pour 684 m de large, et une masse pouvant atteindre 120 000 tonnes. Ces chiffres évoquent plus la construction navale que l’aéronautique, souligne BFMTV. Il a été conçu pour voler à des altitudes élevées, bien au-dessus des zones de patrouille et des intercepteurs. Selon Peter Layton, expert en défense, cette approche par la hauteur signifierait que la plateforme serait « hors de portée de presque tous les missiles sol-air d’aujourd’hui ».
La plateforme doit pouvoir embarquer 88 drones de combat sans pilote, appelés Xuan Nu, ce qui en fait bien plus qu’un simple concept d’armement. Ces drones sont présentés comme furtifs et capables de transporter des missiles hypersoniques, renforçant le rôle du Luanniao comme plateforme hôte. On évoque aussi des canons d’accélération de particules et d’autres équipements sophistiqués pour compléter ses capacités offensives et défensives.

Ce que ça changerait sur le plan stratégique
Plusieurs zones sensibles sont directement visées : Taïwan et la Mer de Chine méridionale. Dans ces régions, une présence aérienne soutenue donne à la fois un poids politique et militaire, et la venue d’une telle plateforme pourrait modifier les équilibres. Des médias comme The Nation Thailand estiment que le spectre du Luanniao sert de démonstration de puissance capable de bousculer les défenses actuelles.
Techniquement, les défis sont loin d’être négligeables. Il faudrait 340 MN de poussée soutenue pour maintenir en vol une masse de cette taille. À titre de comparaison, le moteur Pratt & Whitney F135 qui équipe le F-35 fournit 191 kN de poussée par exemplaire, ce qui impliquerait plus de 1 700 moteurs de ce type pour propulser le Luanniao. Cette mise en regard souligne l’écart entre les moyens de propulsion disponibles aujourd’hui et les ambitions du projet.








