Dans un monde où la tech avance à toute vitesse, l’innovation dépasse parfois les limites légales et éthiques. Les armes à feu imprimées en 3D, appelées « armes fantômes », sont apparues dans les années 2010 et ont rapidement fait monter les inquiétudes sur la sécurité publique. Leur principal problème : elles sont difficilement traçables, ce qui pose un vrai casse-tête aux autorités. Une nouvelle étude publiée dans la revue Forensic Chemistry apporte toutefois une lueur d’espoir en montrant que la signature chimique des filaments pourrait permettre de retracer ces armes jusque chez leurs fournisseurs.
Tracer ces armes grâce à l’analyse chimique
Des chercheurs de la School of Molecular and Life Sciences, en partenariat avec le ChemCentre (laboratoire médico-légal public d’Australie-Occidentale), ont étudié la possibilité d’identifier les empreintes chimiques laissées par les filaments utilisés pour imprimer ces armes. Avec la spectroscopie infrarouge, ils ont analysé plus de 60 filaments issus du marché de détail australien, explique Numerama. Le procédé a permis de distinguer plusieurs filaments selon leurs profils chimiques : chaque matériau, comme le PLA, l’ABS et le PETG (des types de filaments thermoplastiques), présente des caractéristiques propres.
Pour les forces de l’ordre, cette découverte prend tout son sens. Lors d’une saisie menée par l’Australian Border Force, 281 armes ou composants associés imprimés en 3D ont été retrouvés. Une telle technologie pourrait aider à remonter jusqu’aux fournisseurs en établissant des liens directs entre les armes saisies et les filaments employés.
Ce que ça change pour la sécurité publique
Cette avancée scientifique arrive à un moment où les armes imprimées représentent une menace grandissante. Faciles d’accès grâce à des imprimantes 3D bon marché et à des plans publiés en ligne, elles combinent souvent des pièces imprimées avec des éléments de quincaillerie pour former des armes hybrides, à la fois robustes et dangereuses. Leur fabrication non conventionnelle rend le traçage compliqué, ce qui complique le travail des services policiers.
Le rapport souligne aussi l’urgence de nouvelles mesures politiques. En Australie, les demandes se multiplient pour que les détaillants prennent part à la lutte contre la prolifération des armes imprimées en 3D. Parmi les pistes évoquées :
- installer des technologies de blocage sur les imprimantes 3D
- signaler l’achat d’articles susceptibles d’être utilisés pour fabriquer des armes hybrides








