Le 4 mars 2026, le dirigeant de Dassault Aviation a publiquement dénoncé l’attitude d’Airbus dans le programme SCAF, système de combat aérien du futur destiné à équiper plusieurs armées européennes. Lancé en 2017 par la France et l’Allemagne, puis rejoint par l’Espagne, ce programme stratégique vise à développer un avion de combat de nouvelle génération accompagné de drones et d’un réseau numérique de combat. Cependant, la coopération industrielle entre Dassault et Airbus semble désormais profondément fragilisée.
SCAF : l’exaspération croissante de Dassault face à Airbus
L’agacement de Dassault autour du SCAF s’exprime désormais sans détour. Lors d’une prise de parole publique, Éric Trappier, président-directeur général de Dassault Aviation, a clairement mis en cause Airbus dans les blocages industriels. Selon lui, la coopération au cœur du SCAF ne fonctionne plus. Il affirme ainsi que « Airbus ne veut plus travailler avec Dassault », rapporte La Tribune.
Le dirigeant estime que la position d’Airbus remet directement en cause l’avenir du SCAF. Il avertit notamment que « si Airbus maintient la probabilité de ne pas travailler avec Dassault, le projet est mort ». Le ton se durcit donc entre les deux industriels européens, pourtant partenaires clés dans ce programme estimé à environ 100 milliards d’euros, selon Reuters.
Derrière ces tensions, le cœur du différend concerne la gouvernance industrielle du SCAF. En effet, Dassault revendique la maîtrise d’œuvre du futur avion de combat, tandis qu’Airbus souhaite davantage de partage des responsabilités. Or, ces divergences portent directement sur la répartition des tâches et sur la conduite technique du programme. L’équilibre initial du SCAF apparaît alors contesté.
SCAF : un différend industriel sur le futur avion de combat européen
Au-delà des déclarations publiques, le conflit autour du SCAF touche aux fondements mêmes de la coopération franco-allemande dans l’aéronautique militaire. Le projet, lancé en 2017, vise à concevoir un système complet de combat aérien comprenant un avion piloté, plusieurs drones d’accompagnement et un cloud de combat destiné à relier tous les systèmes militaires. Cette architecture complexe doit, à terme, remplacer les Rafale français et les Eurofighter allemands vers 2040.
Les divergences entre Dassault et Airbus ne sont pas seulement industrielles. Elles reflètent également des visions militaires différentes entre la France et l’Allemagne. Plusieurs responsables européens évoquent ainsi des besoins opérationnels distincts pour l’avion de combat du futur, ce qui complique la définition du programme SCAF, relève Le Parisien.
Éric Trappier accuse Airbus de s’éloigner des accords initiaux du SCAF : « Nous respectons à la lettre nos engagements. C’est Airbus qui ne respecte pas l’équation du début », a-t-il déclaré. Par conséquent, la coopération industrielle apparaît aujourd’hui profondément fragilisée, alors même que le programme devait symboliser l’autonomie stratégique européenne dans le domaine aérien.
SCAF : Dassault évoque l’arbitrage de Paris pour débloquer le programme
Face à l’impasse actuelle du SCAF, Dassault Aviation envisage désormais de porter le différend devant un arbitrage juridique à Paris. L’objectif serait de clarifier les responsabilités et d’imposer le respect des accords industriels signés au lancement du programme. Cette démarche illustre l’ampleur du conflit entre Dassault et Airbus, qui dépasse désormais le simple débat technique.
Pour Dassault, l’enjeu reste la cohérence du programme SCAF. Le constructeur français considère qu’un système de combat européen doit reposer sur un avion unique, piloté par un maître d’œuvre clairement identifié. Dans cette logique, Éric Trappier a également mis en garde contre la tentation de développer plusieurs avions concurrents : « La France ne supporte pas l’idée d’avoir deux avions ».
Les enjeux financiers restent considérables pour le SCAF, puisque le programme complet pourrait représenter environ 100 milliards d’euros d’investissements industriels. Par ailleurs, Dassault estime qu’un développement national d’un avion de combat équivalent pourrait coûter environ 50 milliards d’euros. L’échec du SCAF aurait donc des conséquences majeures pour l’industrie de défense européenne.








