L’Australie a franchi une nouvelle étape dans le pacte Aukus, en déboursant 186 000 000 EUR pour acheter les premières pièces des réacteurs de ses futurs sous-marins nucléaires. Cet investissement marque le démarrage d’un programme militaire sur 30 ans, visant à renforcer la capacité de dissuasion de la Marine royale australienne face à l’influence croissante de la Chine dans le Pacifique.
Un projet stratégique qui ne passe pas inaperçu
Annoncé le mardi 24 février après plusieurs réunions en Grande-Bretagne, le projet illustre le renforcement de l’engagement de l’Australie en matière de défense. L’achat initial concerne des composants clés qui seront intégrés aux réacteurs des deux premiers sous-marins, dont l’assemblage débutera à Adélaïde à la fin de cette décennie. Le lancement du programme s’appuie sur l’alliance Aukus, un partenariat trilatéral signé en 2021 entre Washington, le Royaume-Uni et l’Australie, renforçant ainsi les alliances stratégiques.
Concrètement, le calendrier prévoit la livraison de 3 à 5 sous-marins de classe Virginia fournis par les États-Unis à partir de 2032, confirme Ouest France. Ensuite, à partir de 2040, l’Australie co-construira avec le Royaume-Uni une nouvelle classe de sous-marins, baptisée SSN-AUKUS. Ces engins à propulsion nucléaire seront partiellement construits en Grande-Bretagne, puis assemblés définitivement en Australie.
Des sommes et des enjeux industriels énormes
Le coût total estimé de ce programme s’élève à environ 200 000 000 000 EUR sur les 30 prochaines années. Au-delà de l’ambition militaire, le projet devrait générer des retombées économiques importantes. Selon Pat Conroy, ministre australien de l’Industrie de la défense, « ce projet créera 20 000 emplois hautement qualifiés et sûrs pour la construction des sous-marins les plus avancés au monde ». L’initiative vise aussi à donner à l’Australie une souveraineté technologique renforcée, en lui permettant de construire ses propres appareils à l’avenir.
Le partenariat avec des industriels majeurs, comme BAE Systems et l’entreprise publique australienne ASC, sera déterminant pour mener le projet à bien. Le Royaume-Uni, déjà impliqué dans la fabrication des premières pièces, restera un acteur majeur en tant que constructeur des sous-marins de classe SSN-AUKUS.








