Le 11 janvier 2026, lors d’un discours prononcé à Sälen, en Suède, le commissaire européen à la Défense a relancé le débat sur une armée européenne. Cette déclaration, formulée devant des responsables politiques et militaires, s’inscrit dans un moment charnière pour l’Union européenne, confrontée à une recomposition stratégique de sa Défense et à une interrogation sur la place des troupes américaines en Europe.
Une armée européenne pour remplacer les troupes américaines
Selon Andrius Kubilius, l’armée européenne doit être pensée comme une réponse directe à la dépendance stratégique vis-à-vis des USA. Ainsi, dans sa déclaration, il a souligné que près de 100 000 troupes américaines constituent aujourd’hui l’ossature militaire de la sécurité européenne. Or, a-t-il averti, cette situation expose l’Union européenne à un risque politique majeur. De ce fait, la création d’une armée commune devient, selon lui, une option crédible et nécessaire pour assurer la Défense collective.
Le commissaire européen à la Défense a insisté sur le caractère pragmatique de cette armée. Il ne s’agit pas, a-t-il expliqué, de dupliquer l’OTAN, mais de disposer d’une capacité militaire autonome. À cet égard, il a déclaré que la question centrale est simple : comment remplacer une force américaine de 100 000 soldats si celle-ci venait à se retirer, a-t-il demandé lors de son intervention, selon Le Monde.
Une armée pensée comme un outil politique de Défense européenne
Au-delà de la question des troupes, Andrius Kubilius a détaillé la philosophie politique de cette armée européenne. Selon lui, la Défense ne peut plus reposer uniquement sur des programmes de réarmement nationaux. Certes, a-t-il reconnu, l’Union européenne investit des milliards d’euros dans ses capacités militaires, mais ces efforts restent fragmentés. Or, sans signal politique clair sur la volonté d’utiliser ces moyens, une armée crédible ne peut émerger, a-t-il souligné.
Selon lui, annoncer des budgets de Défense élevés sans structure commune revient à affaiblir la dissuasion européenne. Ainsi, une armée européenne aurait vocation à montrer que l’Union européenne est prête à défendre son territoire, y compris sans l’appui immédiat des USA. Cette approche, a-t-il précisé, vise autant les partenaires que les adversaires potentiels, selon Le Figaro.
Une armée encadrée par un Conseil de sécurité européen
Andrius Kubilius a proposé d’accompagner la future armée européenne d’un nouvel outil institutionnel : la création d’un Conseil de sécurité européen permettrait de surmonter les lenteurs décisionnelles actuelles de l’Union européenne en matière de Défense. Ce conseil, composé de membres permanents et de membres tournants, aurait pour mission de coordonner l’action militaire et de statuer rapidement sur l’engagement des troupes.
Il a insisté sur le fait que cette architecture institutionnelle renforcerait la cohérence stratégique de l’armée européenne. En centralisant la décision, l’Union européenne gagnerait en lisibilité et en efficacité, a-t-il expliqué dans une déclaration reprise par Le Parisien. Selon lui, cette réforme est indissociable de la montée en puissance d’une armée commune, car sans gouvernance claire, la Défense européenne resterait dépendante des choix américains et, par conséquent, des USA.








