Face au risque drone, le ministère des Armées passe en mode alerte maximale

La menace des drones s’intensifie en France, obligeant l’État à agir rapidement.

Publié le
Lecture : 2 min
Face au risque drone, le ministère des Armées passe en mode alerte maximale
Face au risque drone, le ministère des Armées passe en mode alerte maximale © Armees.com

Le 29 décembre, le ministère des Armées a pris une décision d’urgence en réponse à la hausse des menaces liées aux drones. Par une notification de la Direction de la maintenance aéronautique (DMAé), rattachée à l’État-major des Armées (EMA), deux systèmes de lutte contre les drones ont été commandés d’urgence, rapporte Zone Militaire. Ces contrats ont été attribués à l’entreprise française TRUSTCOMS pour l’acquisition de balises Infodrone et de systèmes DroneBlocker.

Des attaques signalées ces dernières semaines

Depuis quelques semaines, des incursions par des drones inconnus ont été signalées en France. Les incidents n’ont plus été notés depuis le 8 décembre, mais les enquêtes restent ouvertes concernant ces survols sur plusieurs sites sensibles. Parmi les lieux concernés figurent :

  • le camp militaire de Mourmelon, où des drones non identifiés ont été signalés,
  • un convoi de chars Leclerc à Mulhouse Nord,
  • l’usine de poudre d’Eurenco à Bergerac,
  • la base navale de l’Île-Longue hébergeant quatre sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE),
  • et le Pôle Interarmées de Creil-Senlis lié à la Direction du renseignement militaire (DRM).

Face à ces menaces non identifiées, plusieurs tentatives d’abattage ont été effectuées à l’aide de fusils brouilleurs et d’armes de calibre 12, sans résultat probant. Une autre source d’inquiétude est que des incidents similaires ont été rapportés à l’international, en Belgique, aux Pays-Bas et au Danemark, où des incursions aériennes par des drones ont survolé des bases militaires sensibles et d’autres infrastructures importantes.

Qui fait quoi et quelles solutions technologiques

Le besoin de mieux sécuriser les sites a été rappelé par le général Jérôme Bellanger, chef d’état-major de l’armée de l’air, qui a pointé la vulnérabilité des bases aériennes face à d’éventuelles attaques de drones saturantes. Le général a qualifié le résultat d’un exercice reposant sur un tel scénario de « perfectible », indiquant qu’il faut améliorer les défenses existantes.

La réponse mobilise plusieurs acteurs et technologies, y compris des systèmes anti-aériens modernes pour contrer les menaces de drones. La société TRUSTCOMS fournit le système Infodrone, qui détecte et localise les drones via leurs balises DRI (selon l’industriel, couverture revendiquée de 95 %). Le DroneBlocker de TRUSTCOMS fonctionne par brouillage électronique continu : il est décrit comme capable de détecter et neutraliser 99 % des drones, tout en gérant de façon optimisée les drones amis.

Parmi d’autres systèmes anti-drones, on trouve le PROTEUS de l’Armée de Terre, qui utilise un canon antiaérien de 20 mm, et le système passif HADDES, équipé d’intelligence artificielle pour la détection RF. Des solutions portatives comme le SPART et des déploiements comme le programme PARADE complètent ce panorama technologique.

Laisser un commentaire

Share to...