Créée en 2021 par Mikhaïl Kokoritch, Destinus s’est rapidement fait une place de choix dans le secteur de la défense, notamment grâce à la production de drones pour l’armée ukrainienne. Dans une situation géopolitique tendue, marquée par le conflit en Ukraine déclenché en 2022, l’entreprise se démarque par son innovation technologique et sa capacité à répondre aux besoins stratégiques des forces armées, notamment en matière de défense aérienne. Avec un chiffre d’affaires de 300 millions d’euros, Destinus continue de se développer et d’élargir ses activités.
Du rêve d’un avion hypersonique à l’univers de la défense
À l’origine, Destinus voulait créer un avion autonome hypersonique capable d’atteindre Mach 3, soit plus de 6 100 km/h. Mais face à l’évolution rapide du marché et aux besoins urgents liés au conflit ukrainien, l’entreprise a viré du côté de la défense. Ce changement a été rendu possible grâce à un partenariat avec Thales, une société française reconnue dans le domaine militaire.
L’entreprise a aussi renforcé ses capacités technologiques en rachetant une start-up suisse spécialisée dans l’intelligence artificielle. Cette innovation technologique lui permet d’améliorer ses systèmes intégrés et d’innover rapidement dans le développement de drones militaires avancés.
Production et innovations techniques
Aujourd’hui, selon BFMTV, Destinus produit environ 10 000 grands drones par an, avec l’ambition d’atteindre bientôt une production de drones annuelle de 100 000 unités. Parmi les modèles phares, on trouve les drones « Lord », capables de transporter plusieurs dizaines de kilos d’explosifs pour viser des positions stratégiques en territoire russe. Les drones « Ruta », eux, reprennent le design des missiles de croisière.
L’entreprise travaille également sur les appareils intercepteurs « Hornet », conçus pour contrer les drones russes Gueran-2, issus des Shahed-136 iraniens. Une version plus rapide, avec une portée supplémentaire, devrait être lancée dès le début de l’année prochaine. Mikhaïl Kokoritch le dit lui-même : « On a produit cette année 10 000 grands drones. C’est un gros chiffre mais on doit passer à une échelle industrielle, pour arriver à 100 000 par an. »
Des projets à l’international pour l’avenir
Destinus ne compte pas s’arrêter là et prévoit de s’implanter davantage en Europe. La France est en lice pour accueillir une nouvelle usine géante et automatisée dédiée à la production de drones militaires, un projet qui nécessitera plusieurs centaines de millions d’euros d’investissements. S’inspirant des chaînes de montage automobile, cette usine pourrait bien transformer le paysage industriel européen.
Par ailleurs, Bruxelles envisage de mettre en place un « mur » antidrone dans le ciel européen d’ici 2027, afin de renforcer la sécurité collective face aux menaces aériennes potentielles.








