Le 3 juillet 2025, à l’aéroport de Milan-Malpensa, les autorités italiennes ont interpellé un individu suspecté d’avoir mené une opération d’espionnage numérique contre l’un des bastions de la recherche vaccinale américaine. Selon les autorités fédérales américaines, ce hacker chinois, Xu Zewei, aurait violé des systèmes informatiques sensibles au Texas en 2020. L’affaire, suivie de près par le FBI, rouvre le dossier brûlant du cyberespionnage médical lié à la pandémie.
Xu Zewei, un hacker chinois dans le viseur du FBI pour piratage vaccinal
Derrière cette arrestation, se dessine une affaire aux ramifications géopolitiques. Xu Zewei, 33 ans, résidant à Shanghai, est soupçonné d’appartenir à un réseau structuré de cyberattaquants chinois. Selon une enquête fédérale relayée par l’agence Ansa, il aurait participé à des opérations d’espionnage sur les vaccins anti-Covid produits à l’Université du Texas en pleine crise sanitaire mondiale. Les États-Unis l’accusent d’avoir pénétré illégalement dans des serveurs protégés pour y extraire des données sensibles liées à la recherche biomédicale.
« Selon une enquête du FBI, Xu Zewei, 33 ans, faisait partie d’un groupe de hackers “qui aurait effectué des opérations d’espionnage, en particulier en 2020 sur les vaccins anti-Covid produits à l’Université du Texas” », rapporte Le Figaro, 7 juillet 2025.
L’Université texane, moteur de la recherche sur les solutions vaccinales à ARN messager, était alors en pointe dans les essais précliniques. C’est précisément cette institution que le suspect aurait tenté de pirater, avec l’objectif de siphonner les résultats confidentiels d’expériences et de prototypes.
Arrestation à Milan et demande d’extradition : vers un bras de fer judiciaire ?
Xu Zewei a été arrêté dès son entrée sur le sol italien, à l’aéroport de Milan, alors qu’il arrivait en provenance de Shanghai. Depuis le 3 juillet, il est incarcéré en Italie, dans l’attente d’une décision sur son extradition vers les États-Unis.
Le mandat d’arrêt américain, émis en novembre 2023, mentionne des chefs d’accusation lourds :
« association de malfaiteurs visant à une fraude informatique »,
« accès non autorisé à des ordinateurs protégés »,
« fraude informatique »,
et « usurpation aggravée d’identité ».
Si l’Italie valide la demande, Xu Zewei pourrait être jugé devant un tribunal fédéral américain. Son avocat italien, Enrico Giarda, s’est refusé à tout commentaire. Une posture révélatrice de la sensibilité diplomatique du dossier, d’autant plus qu’aucune déclaration officielle n’a été formulée par les autorités chinoises à ce stade.
Vaccins Covid, cybersécurité et intérêts stratégiques : les coulisses d’un espionnage médical
L’affaire Xu Zewei ne tombe pas du ciel. Dès 2020, en pleine course mondiale aux vaccins, plusieurs services de renseignement occidentaux avaient alerté sur des tentatives d’intrusion massives dans les bases de données des laboratoires. L’Université du Texas, aux États-Unis, s’était vite imposée comme une cible de haute priorité pour les acteurs du cyberespionnage.
Le FBI évoque la participation de Xu Zewei à un groupe affilié à des intérêts extérieurs, potentiellement proches de l’État chinois. Les soupçons s’orientent vers le groupe HAFNIUM, un collectif cybercriminel déjà impliqué dans des attaques contre Microsoft Exchange, selon HackRead et The Epoch Times.
« The U.S. authorities allege that he was part of a team of hackers who tried to access a COVID vaccine being developed by the University of Texas in 2020 », confirme Reuters.
Derrière cette opération, ce sont donc non seulement des enjeux sanitaires mais aussi des intérêts industriels, commerciaux et géopolitiques qui sont en jeu. La course au vaccin, en 2020, était aussi une course à la suprématie scientifique et technologique.
Le cas Xu Zewei : un précédent ou le symptôme d’une guerre numérique invisible ?
L’affaire soulève plusieurs questions : Xu Zewei est-il un simple pion ou un maillon central d’un réseau étatique ? L’Italie cédera-t-elle aux pressions judiciaires américaines ? Et surtout, quelles autres infrastructures stratégiques pourraient avoir été ciblées dans le monde ?
Au-delà de l’arrestation spectaculaire, l’incident rappelle que les fronts numériques sont aujourd’hui tout aussi décisifs que les champs de bataille diplomatiques ou commerciaux. La cyberguerre médicale, longtemps invisible, a désormais un visage. Et ce visage, c’est celui d’un hacker chinois, débarqué à Milan avec une valise et des secrets potentiellement volés.








