Astéroïde YR4 : il pourrait percuter la Lune en 2032

En 2032, la Lune pourrait être victime d’une collision avec l’astéroïde YR4. Un contact qui pourrait avoir des conséquences importantes pour la Terre.

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Astéroïde YR4 : il pourrait percuter la Lune en 2032 © Armees.com

Depuis plusieurs mois, la trajectoire de l’astéroïde YR4 est surveillée de très près. Il a, un temps, menacé d’entrer en collision avec la Terre. Finalement, il pourrait frapper la Lune en 2032, avec des conséquences importantes.


L’astéroïde YR4 pourrait entrer en contact avec la Lune


Le 27 décembre 2024, les radars de la NASA repèrent un objet inhabituel : 2024 YR4, un astéroïde d’environ 60 mètres de diamètre, évoluant sur une orbite elliptique croisant celle de la Terre. Dans les semaines qui suivent, les modèles orbitaux s’emballent : une probabilité de 3,1 % d’impact avec la Terre est enregistrée, propulsant YR4 au niveau 1 sur l’échelle de Turin. Il s’agissait donc d’un risque « non nul », mais surveillé.


En février 2025, coup de théâtre : grâce aux observations fournies par le télescope Pan-STARRS à Hawaï et à une campagne de mesures infrarouges depuis le télescope James Webb, la NASA révise ses calculs. Le 23 février, l’agence retire l’objet de la « risk list » : l’impact avec la Terre est désormais exclu. Mais une autre cible apparaît : la Lune.


Les simulations orbitales sont formelles : le 22 décembre 2032, l’astéroïde YR4 effectuera une approche serrée du système Terre-Lune. Deux rendez-vous sont prévus : à 8 h 36 UTC pour la Terre (à environ 420 000 km), et à 15 h 10 UTC pour la Lune, à une distance dix fois plus faible. La probabilité de collision lunaire dépasse 4,3 %, selon les dernières modélisations des scientifiques.
Cette situation n’a rien d’anodin. La masse de l’astéroïde YR4, estimée à plus de 400 000 tonnes, suffirait à provoquer un cratère d’un kilomètre de diamètre en cas d’impact sur la surface lunaire.


Des débris lunaires en orbite terrestre ?


Un impact sur la Lune n’aurait pas que des conséquences esthétiques. D’après une étude menée par l’Institut canadien d’astrophysique, les débris issus du choc pourraient échapper à la gravité lunaire. Leur trajectoire ? L’espace cislunaire… voire la Terre. Certes, l’atmosphère terrestre brûlerait la majorité de ces projectiles, mais une fraction de ces éjectas atteindrait l’orbite basse, menaçant nos satellites opérationnels, les stations orbitales, voire des constellations comme Starlink. Un fragment de 10 cm lancé à 11 km/s est capable de détruire un satellite complet. Les dégâts pourraient donc être importants.


Cette situation n’est pas inédite. En 1975, le satellite soviétique Kosmos-1052 fut endommagé par un débris d’origine inconnue. La perspective d’une pluie lunaire artificielle ajoute une couche de complexité à la protection spatiale.


Spectaculaire, l’impact serait visible depuis la Terre, de nuit. Le flash lumineux pourrait dépasser l’intensité de la pleine Lune pendant quelques secondes. La NASA et l’ESA prévoient d’installer des capteurs en orbite pour observer le phénomène, et peut-être collecter des données sur les éjectas. L’impact, s’il se produit, deviendrait un laboratoire naturel à ciel ouvert pour étudier les cratères, les ondes sismiques lunaires et la mécanique des collisions célestes.


D’ici 2028, YR4 restera hors de portée des télescopes. La prochaine fenêtre d’observation orbitale pourrait modifier une nouvelle fois les prévisions de trajectoire. Si l’impact lunaire devient inévitable, plusieurs scénarios seront envisagés : mission de déviation, préparation satellitaire, observation synchronisée.

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