Le 21 mai, un événement marquant a eu lieu à Chongjin, ville industrielle clé dans le nord-est de la Corée du Nord. Ce territoire, qui abrite le plus important complexe sidérurgique du pays et se trouve tout près d’un chantier naval majeur, a vu le lancement d’un destroyer de 5 000 tonnes se transformer en fiasco. La présence de Kim Jong-un et des hauts responsables du régime témoignait de l’importance de cet essai pour les autorités, qui espéraient montrer leur puissance militaire.
Un lancement qui se passe mal
Le but affiché était de moderniser une flotte vieillissante héritée de l’ère soviétique, mais le résultat fut tout autre. En effet, le nouveau destroyer a chaviré peu de temps après son entrée dans l’eau. La technique de « lancement latéral » employée, rarement utilisée pour des navires militaires, ne s’est pas avérée adaptée. Le navire a perdu l’équilibre, provoquant l’enfoncement de la poupe et le blocage de la proue sur la rampe, ce qui a conduit à son basculement.
Dès cet instant, l’épave a été recouverte de bâches bleues tandis que des opérations de pompage et de redressement sont prévues dans les jours à venir. Cet incident dévoile bien les défis techniques liés à cette méthode particulière pour un navire militaire, jamais testée auparavant par la Corée du Nord.
https://twitter.com/tom_bike/status/1925551029052985777
Construction express et surcharge
Le destroyer a été construit en moins de 400 jours, ce qui est bien en dessous des normes internationales où un tel projet dure entre trois et six ans. Cette précipitation, décidée par Kim Jong-un lui-même, a conduit à passer à côté d’étapes importantes dans la conception et la sécurité. On compte environ 70 systèmes d’armement installés avant le lancement, alors que d’habitude on opte pour une mise à l’eau avec un armement limité.
Face à la pression exercée par Kim Jong-un pour moderniser rapidement la flotte, ces erreurs se sont révélées fatales. Le dirigeant n’était pas tendre en qualifiant l’échec de « catastrophique » et d’« acte criminel », ce qui reflète le mécontentement au sommet du pouvoir. Quatre responsables ont été arrêtés, y compris l’ingénieur en chef et un haut fonctionnaire du ministère des Munitions.
Réactions à l’international et retombées
Peu après ce coup d’arrêt embarrassant, des missiles de croisière ont été lancés dans les eaux à l’est de la péninsule coréenne, une manœuvre claire pour détourner l’attention internationale. Les images satellites montrent le destroyer, qui mesure 144 mètres, allongé sur le côté sous une gigantesque bâche bleue, confirmant ainsi l’ampleur des dégâts.
Les spécialistes consultés à l’international jugent que les dégâts subis par le navire sont bien plus sérieux que ce que prétendent les médias d’État nord-coréens. Yang Uk, expert naval reconnu, a d’ailleurs noté que « il semble un peu tordu après l’accident ».








