L’armée française est en pleine révolution. Compte tenu du contexte actuel, la France cherche à muscler ses forces actives, de réserve, mais aussi ses équipements. Deux députés viennent de rendre un rapport comportant 30 pistes à étudier.
30 pistes pour muscler l’armée française
Dans un rapport parlementaire, les députés Thomas Gassilloud et Damien Girard proposent un changement de paradigme pour l’armée française. Objectif : reconstruire une force capable d’affronter des conflits de haute intensité, non pas en poursuivant la course technologique, mais en misant sur la masse, la redondance et des arbitrages budgétaires tranchés. Ce document de 130 pages ébranle plusieurs dogmes de la stratégie militaire française actuelle.
« Les armées françaises sont cohérentes et efficaces, mais elles manquent de « masse » », constatent d’emblée les députés dans leur rapport. En d’autres termes : trop peu d’équipements, trop peu d’hommes, trop peu de marge. L’actuelle ambition de projeter une division complète d’ici 2027, soit 19 000 hommes et 700 véhicules, est jugée intenable sur la durée sans capacités clés supplémentaires : défense sol-air, missiles longue portée, artillerie en nombre. Le choix des parlementaires est clair : « Rien ne serait pire qu’une augmentation homothétique de toutes les cibles d’acquisition : ce serait à la fois ruineux pour les finances publiques et inefficace ». À la place, ils privilégient des arbitrages forts : multiplier les équipements à bas coût, renforcer les forces terrestres et exploiter différemment les marges budgétaires actuelles.
Premier virage : le nombre de lance-roquettes multiples (LRM). La loi de programmation militaire (LPM) en prévoit 26 d’ici 2035. Le rapport en exige 48. À court terme, les élus poussent pour une commande du système Foudre, concurrent français du Himars américain, développé par l’entreprise Turgis & Gaillard. Ce projet sera exposé au salon du Bourget, entre le 16 et le 22 juin 2024. Autre révolution suggérée : la création d’une troisième division de l’armée de Terre, composée de groupements tactiques légers, réservistes, dronisés, suréquipés en capacités antichars mais motorisés par des véhicules civils modifiés. L’investissement ? Environ un milliard d’euros par an. Une division « low tech, low cost », pensée pour harceler l’adversaire sur le territoire ou l’arrière-front, loin des cathédrales technologiques actuelles.
Augmenter les capacités aériennes
En parallèle, les deux députés proposent de porter le nombre de Rafale de 225 à 255 appareils. Pourquoi ? Parce qu’en cas de guerre de haute intensité, « le taux de pertes pourrait atteindre 15 % dans les premiers jours », selon Thomas Gassilloud. En complément, ils suggèrent de doter chaque élève officier et sous-officier d’un drone FPV (First Person View) à assembler lui-même, afin de démocratiser les compétences en dronisation.
L’aviation légère n’est pas oubliée : achat d’avions de chasse comme le M346 italien ou le FA-50 sud-coréen, ou armement du Pilatus PC-21, actuellement réservé à l’entraînement. Ces appareils serviraient à des missions de surveillance, d’interception de drones de type Shahed iranien, ou de frappes dans des zones peu défendues.
Capacité navale : plus de frégates prêtes au combat
Côté mer, les députés dénoncent un trompe-l’œil : si le format théorique de la marine compte 15 frégates de premier rang, il n’y en aurait que 10 réellement aptes au combat. Ils appellent donc à une montée en puissance à 18 bâtiments pleinement opérationnels, dont certains pourraient être construits dans une optique d’exportation, à l’image de la stratégie italienne déjà éprouvée.
Fin du SNU, annulation de l’Eurodrone, report du porte-avions : les sacrifices proposés
Qui dit élargissement de la force dit arbitrage. Et les deux élus ne font pas dans la demi-mesure. Pour financer ce nouveau visage de l’armée française, ils proposent la fin de l’opération Sentinelle, qui coûte 250 millions d’euros par an, et du Service national universel (SNU), évalué à 130 millions d’euros. Une mesure soutenue par Damien Girard seul.
Autre cible : l’Eurodrone, ce programme MALE (moyenne altitude, longue endurance) piloté par Airbus, fruit d’une coopération entre la France, l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie. Selon les députés, cet appareil de 28 mètres d’envergure et de 17 tonnes risque d’être « obsolète dès son entrée en service en 2031 ». Le drone Aarok, développé par Turgis & Gaillard, est préféré pour sa modularité, sa disponibilité rapide et son coût moindre.
Mais la plus explosive des propositions concerne le report du porte-avions de nouvelle génération (PANG). Le contrat de réalisation devait être signé cette année pour une mise en service en 2038. Thomas Gassilloud propose de repousser cette échéance pour libérer des ressources. Damien Girard va plus loin : construire non pas un, mais deux porte-avions, « européanisés » pour mutualiser les coûts. « Cela permettrait une permanence à la mer, à l’inverse de la situation actuelle où le porte-avions est indisponible la moitié du temps », insiste-t-il dans Challenges. Le surcoût annuel de ce plan est estimé à 2,5 milliards d’euros. Ce montant s’ajouterait aux crédits déjà fixés par la LPM. Une somme massive, certes, mais jugée nécessaire.









Le report du successeur du ‘Charles de Gaulle’ est une ânerie : notre unique Porte-avions sera vieux en 2038, et n’a pas la capacité d’utiliser efficacement les drones. Son successeur aura une autonomie améliorée (durée d’utilisation des réacteurs doublée) et il en faudra effectivement deux. Enfin, emportant le SCAF en études chez Dassault, il sera doté de fonctions I.A. qui lui donneront de nouvelles capacités. Enfin, il faudra offrir à l’Italie, à l’Espagne, dont les P.A. sont hors d’âge, et à l’Allemagne, qui n’a pas de P.A., d’en construire sous licence.
Pour les frégates, il faut raisonner ‘Europe’, et non pas par chaque nation. Enfin, ce papier est muet :
– sur les sous-marins : la France achève son programme Barracuda (SNA très performants)
qu’il faut proposer à nos partenaires (Allemagne, Italie, Espagne, Pologne) ;
– sur l’industrie européenne de défense : par exemple, la fusion de Naval Group, Thyssen Krupp, Fincantieri, etc.. pour créer une force internationale qui connaîtrait un succès analogue à celui d’AIRBUS
Il faudrait des porteurs ‘pas trés chers , terrestres, aériens et navals d’essaims de mini drones d’attaque et d’observation. Afin de saturer l’espace ennemi et lui infliger des pertes considérables. Il faut apprendre des ukrainiens et collaborer avec eux. Leur imagination est remarquable et la plupart de leurs réalisations se font à moindre coût. Quand les français se poseront ils la question » combien ça coûte? » et comment être efficace sans une technologie remarquable mais dispendieuse. Celle ci devrait être développée pour la surveillance le brouillage etc…et l’indépendance à tous égards.