Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, vient de dévoiler les contours du nouveau plan de défense du Royaume-Uni. Objectif affiché : faire du pays une nation « prête au combat ».
Le Royaume-Uni va muscler son arsenal de défense
Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, vient de lever le voile sur une transformation radicale de la posture militaire du Royaume-Uni. Face à une « menace plus grave que jamais depuis la guerre froide », Londres rompt avec la retenue stratégique pour embrasser une logique de confrontation assumée. Au cœur de cette bascule : la construction de douze sous-marins nucléaires d’attaque, un effort financier sans précédent.
Londres l’admet sans détour : la paix n’est plus une certitude, mais une hypothèse, et la dissuasion devient un impératif. « Nous devons nous préparer à la guerre », a asséné Keir Starmer depuis un chantier naval écossais, lieu hautement symbolique de la puissance maritime britannique. Ce n’est plus l’heure des ambiguïtés : la Revue stratégique de défense (SDR), dévoilée ce jour-là, constitue une mue complète du paradigme militaire du pays.
Cette SDR appelle notamment à la construction de douze sous-marins nucléaires d’attaque de classe SSN-AUKUS, en partenariat avec les États-Unis et l’Australie. Ces navires furtifs, dotés de systèmes de propulsion nucléaire et d’une autonomie de frappe prolongée, incarneront la nouvelle colonne vertébrale de la Royal Navy. Une force pensée pour la projection, la dissuasion et le combat.
Royaume-Uni : sous-marins, ogives et cybercommandement au menu des dépenses de défense
L’annonce ne s’arrête pas à la coque des navires. La modernisation de l’arsenal nucléaire britannique bénéficiera d’une enveloppe de 15 milliards de livres sterling (environ 17,7 milliards d’euros). Parallèlement, six nouvelles usines de munitions seront érigées, générant 1 000 emplois directs dans l’industrie de l’armement. Il ne s’agit plus de compenser les stocks : il s’agit de les anticiper. L’accent est également mis sur une « Royal Navy hybride », intégrant drones sous-marins, aéronefs autonomes et navires furtifs, dans une logique de domination multidomaine, avec un commandement cyber renforcé.
« Lorsque nous sommes directement menacés par des États disposant de forces militaires avancées, la manière la plus efficace de les dissuader est d’être prêts », a martelé Keir Starmer dans son discours. Le Royaume-Uni prévoit une hausse de ses dépenses militaires à 2,5 % du PIB d’ici 2027, avec pour horizon les 3 % à moyen terme, a confirmé le ministère de la Défense.
Pour justifier ce plan, Keir Starmer parle d’« une agression croissante dans nos eaux, une menace pour notre espace aérien, des cyberattaques quotidiennes » de la part de la Russie. Le ton est martial, le message clair : le Royaume-Uni veut redevenir une puissance de dissuasion crédible. L’opération séduction vis-à-vis de l’OTAN est manifeste.
Mais cette stratégie de réarmement total suscite des interrogations. Pour financer l’effort militaire, l’aide au développement sera réduite de 0,5 % à 0,3 % du PIB, une mesure décriée par plusieurs ONG et une partie de l’opposition. Certains économistes pointent une stratégie financièrement périlleuse. Quant à l’échéance, elle reste lointaine : les premiers sous-marins ne seront opérationnels qu’à la fin des années 2030, un calendrier qui peut paraître déconnecté de l’urgence invoquée.








