La Russie redouble d’efforts pour développer ses armes hypersoniques. Ce domaine fait beaucoup parler de lui à l’international, et pas en bien. L’utilisation potentielle de ces engins pourrait avoir de lourdes conséquences, notamment pour l’Ukraine et les pays occidentaux.
Développement et tests des systèmes hypersoniques russes
Récemment, la Russie a diffusé une alerte « Notice to Airmen » (NOTAM) pour limiter l’accès à l’espace aérien autour de Kapustin Yar (un ancien site d’essai de missiles datant de l’époque soviétique). Cette mesure est restée en vigueur du 12 au 13 mai, de 06h00 à 16h00 heure locale et s’appliquait du sol à une altitude illimitée. Ce genre de fermeture précède souvent des tests de missiles stratégiques, comme le missile balistique intercontinental « Kedr », aussi connu sous le nom de RS-26 « Oreshnik ».
Le RS-26 « Oreshnik » est un engin hypersonique de longue portée, capable d’atteindre des vitesses allant jusqu’à Mach 10 (plus de 12 000 km/h). Avec une autonomie d’environ 4 800 km, il peut viser n’importe quel point en Europe et même atteindre la côte ouest des États-Unis. Ce système est aussi apte à embarquer des charges nucléaires, ce qui le rend particulièrement redouté. Pour preuve, le 21 novembre 2024, on a vu l’Oreshnik déployer ses capacités lors d’une attaque sur la ville ukrainienne de Dnipro.
Implications géopolitiques et défis pour la défense
Les derniers développements laissent penser que la Russie se prépare peut-être à utiliser l’Oreshnik pour une frappe imminente, surtout en réponse aux décisions prises par les États-Unis et le Royaume-Uni qui autorisent leurs alliés ukrainiens à lancer des missiles de croisière longue portée vers la Fédération de Russie. Des restrictions NOTAM semblables ont été observées en décembre 2024, juste avant une attaque massive impliquant différents types de missiles.
Dans ce contexte, les systèmes de défense aérienne occidentaux semblent bien démunis. Le système THAAD (Terminal High Altitude Area Defense) des États-Unis apparaît comme le seul capable de tenter de contrer un Oreshnik, même s’il n’a jamais fait ses preuves face aux armes hypersoniques. Un exemple parlant : les rebelles Houthis au Yémen ont montré cette faiblesse quand leur missile Palestine-2 a contourné le THAAD israélien lors d’une attaque sur l’aéroport Ben-Gurion.
Messages stratégiques et réactions internationales
Moscou envoie un message sans détour : il faut négocier ou se préparer à encaisser les conséquences d’attaques hypersoniques. Ce message vise aussi bien les dirigeants européens que l’administration Trump, rappelant à tous la supériorité russe dans le développement de ce type de systèmes d’armes. Selon certains analystes, ces fermetures de l’espace aérien laissent fortement présager que des lancements se préparent.
Si la Russie décidait de mettre en œuvre pleinement ses capacités hypersoniques, cela pourrait entraîner des retombées dramatiques pour l’Occident et, surtout, pour l’Ukraine. Face à cette évolution inquiétante, il semble indispensable que les dirigeants occidentaux prennent conscience de leur retard dans le développement de certaines armes clés et envisagent sérieusement une solution négociée.








