La Colombie fait un grand pas pour remettre à jour sa défense aérienne. Le président Gustavo Petro a annoncé l’achat d’avions de combat JAS 39 Gripen de Saab, marquant un tournant après des années de discussions et de comparaisons avec d’autres offres du marché international. Cette décision arrive alors que la sécurité dans le pays se complique, avec des forces armées régulièrement confrontées à la violence et au trafic de drogue.
Un choix pour remplacer les vieux Kfir
L’armée de l’air colombienne va dire adieu à ses anciens chasseurs Kfir, qui ont déjà fait 45 ans de service, dont 33 ans pour les forces colombiennes. Ces vieux appareils vont être remplacés par une flotte toute neuve et high-tech. Face à une concurrence rude des Rafale français de Dassault Aviation et des F-16 américains de Lockheed Martin, le Saab JAS 39 Gripen est enfin sorti du lot.
Une lettre d’intention avait déjà été signée avec le gouvernement suédois, ce qui a grandement facilité la transition vers ces nouveaux avions, en écho au déploiement des Gripen par la Suède. Même si l’annonce initiale ne précisait pas le nombre exact d’appareils ni le coût total, les documents budgétaires du ministère colombien de la Défense indiquent qu’il s’agit de 16 Gripen E/F, pour une somme d’environ 3,65 milliards de dollars.
Des défis techniques et logistiques à surmonter
Bien que l’engagement soit ferme, plusieurs obstacles pourraient compliquer la livraison des avions. En effet, le Gripen E/F embarque plusieurs composants américains (notamment le réacteur General Electric F414-GE-39E) qui pourraient faire l’objet de restrictions à l’exportation aux États-Unis. Pour contourner cela, Saab envisage une collaboration étroite avec Embraer au Brésil pour assembler les appareils.
On devrait voir tout cela se concrétiser lors du salon aéronautique international F-AIR Colombia 2025, prévu en juillet à Río Negro, où la Suède sera mise à l’honneur. Micael Johansson, représentant de Saab, a expliqué : « Nous allons pousser les discussions pour nous assurer de livrer des avions de combat à la Colombie ».
Des retombées économiques et sociales intéressantes
Outre le renforcement de la défense, cet achat est aussi accompagné d’engagements sociaux importants. Le président Petro a promis de compenser ces dépenses militaires par des investissements dans les régions les plus défavorisées du pays. Par exemple, des projets prévoient la construction d’une usine pour fabriquer des panneaux solaires flexibles dans le département de Córdoba, ainsi que l’installation de systèmes d’eau potable dans La Guajira.
De plus, Saab a accepté des compensations qui comprennent la création d’un centre de soutien pour les avions de combat et divers projets en innovation et développement industriel en partenariat avec l’industrie colombienne. Johansson a d’ailleurs souligné : « Nous voulons être de la partie dans ces projets, qui ont une grande importance pour la société colombienne ».
Une situation sécuritaire préoccupante
Cette acquisition intervient alors que la Colombie traverse sa pire crise en matière de sécurité depuis dix ans. Les violences se multiplient avec le contrôle de territoires par plusieurs groupes armés, comme les dissidents des ex-FARC ou les rebelles de l’ELN, et la présence du narcotrafic, la Colombie étant reconnue comme le premier producteur mondial de cocaïne.
Le choix du Gripen représente ainsi une avancée technologique pour l’armée colombienne, tout en répondant aux nombreux problèmes internes du pays, renforçant ses capacités de défense. Alors que Gustavo Petro, encore sénateur, se montrait auparavant réticent à augmenter les dépenses militaires, son changement d’avis depuis son entrée au pouvoir en 2022 montre sa volonté de trouver un équilibre entre sécurité nationale et projets sociaux durables.









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