298 drones, 69 missiles : la saturation calculée des défenses ukrainiennes

Dans la nuit du 24 au 25 mai 2025, la Russie a lancé 298 drones et 69 missiles contre l’Ukraine. Face à cette saturation, Kyiv tente de résister avec ses défenses aériennes, mais les frappes russes gagnent en intensité et en précision.

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298 drones, 69 missiles : la saturation calculée des défenses ukrainiennes © Armees.com

Une nuit de feu : des chiffres d’attaque sans précédent

Dans la nuit du 24 au 25 mai 2025, la Russie a lancé 298 drones et 69 missiles contre plusieurs villes ukrainiennes, dont la capitale Kyiv, selon The Economist. Ce volume d’attaque constitue un record depuis le début du conflit en 2022. Ce type d’assaut n’aurait été considéré comme exceptionnel il y a un an qu’au-delà de 30 drones par nuit. Le Kremlin parle d’une « frappe massive ».

Le 24 mai, des drones ont frappé les banlieues nord de Kyiv, endommageant des bâtiments. Deux semaines plus tôt, un drone équipé d’une ogive thermobarique a ouvert une brèche dans un centre commercial, soufflant les vitres jusqu’à 300 mètres alentour. La même semaine, un autre drone, contenant des sous-munitions à retardement, a frappé un champ d’entraînement au sud-est de la ville.

Depuis janvier 2025, la Russie a modifié la structure de ses frappes, combinant missiles balistiques nord-coréens et drones Shahed iraniens modifiés. Les missiles balistiques sont difficiles à intercepter : seuls les PAC-3 du système Patriot offrent une capacité réelle, selon l’article. Les Shahed, passés à leur sixième itération depuis 2023, utilisent des algorithmes de machine learning pour viser des cibles protégées.

Une guerre électronique en échec face à l’innovation russe

En 2024, la Russie produisait 300 drones Shahed par mois. Ce volume est désormais atteint en moins de trois jours. Selon les services ukrainiens cités par The Economist, des documents suggèrent un objectif de 500 drones produits par jour, ouvrant la voie à des essaims d’attaque de 1 000 drones. L’expert ukrainien Kostiantyn Kryvolap relativise ce chiffre mais confirme une augmentation significative des capacités.

Les drones ne sont plus affectés par la guerre électronique ukrainienne. Ils n’utilisent plus le GPS et exploitent les réseaux mobiles ukrainiens. Une note retrouvée à l’intérieur d’un drone indiquait un pilotage par bots via Telegram, avec transmission de données de vol et de flux vidéo en temps réel aux opérateurs russes.

Les drones Shahed volent à basse altitude pour éviter la détection, puis montent à 2 000–2 500 mètres en approchant des villes, hors de portée des armes de petit calibre. En conséquence, l’Ukraine engage désormais hélicoptèresF-16 et drones intercepteurs. D’après un haut responsable cité, environ 95 % des drones sont interceptés autour de Kyiv, mais les 5 % restants causent des destructions majeures.

Missiles balistiques : l’autre défi majeur pour l’Ukraine

Depuis le printemps 2023, les batteries Patriot ukrainiennes ont abattu plus de 150 missiles balistiques ou aérobalistiques. L’Ukraine en déploie actuellement huit, principalement autour de Kyiv. Le président Zelensky demande au moins dix batteries supplémentaires et les stocks de PAC-3 associés. Il affirme que le pays est prêt à payer « quoi qu’il en coûte », probablement grâce à des financements européens.

La production américaine de missiles PAC-3 atteint actuellement 650 unités par an, selon The Economist. La Russie disposerait d’un stock de 500 missiles balistiqueset en produirait plus de 650 par an. En moyenne, deux PAC-3 sont nécessaires pour intercepter un missile balistique russe.

La demande ukrainienne de produire localement le PAC-3 sous licence reste sans réponse. Une production européenne est prévue en Allemagne, mais pas avant fin 2026. La question est également de savoir si les forces de l’OTAN dans les pays baltes seraient en mesure de se protéger face à des attaques massives de ce type. Le rapport de force en faveur de la Russie serait significatif. 

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