Espionnage : les officiels de l’Europe sommés d’utiliser des téléphones jetables aux États-Unis

La lutte contre l’espionnage s’intensifie dans l’Union Européenne. Les téléphones portables jetables seront désormais obligatoires pour les officiels en missions aux États-Unis.

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Espionnage : les officiels de l’Europe sommés d’utiliser des téléphones jetables aux États-Unis © Armees.com

C’est un changement inédit en matière de lutte contre l’espionnage. Désormais, les officiels de l’Union européenne ne pourront plus utiliser leur portable lors de déplacements aux États-Unis. Ils seront obligés de se servir de téléphones jetables.


Le téléphone jetable, nouvelle norme dans la lutte contre l’espionnage


La nouvelle est officielle depuis quelques heures. La Commission européenne impose désormais à certains de ses agents l’utilisation de téléphones jetables lors de déplacements officiels aux États-Unis, dans un contexte de lutte contre l’espionnage. Au cœur de cette initiative : la crainte explicite d’être espionné par les Américains. Cette décision fait basculer un ancien allié au rang de menace numérique.


Depuis des années, l’Europe équipe ses diplomates d’appareils temporaires lorsqu’ils se rendent dans des zones jugées sensibles. La Chine et l’Ukraine figuraient jusqu’alors en tête de cette liste noire. Désormais, les États-Unis y sont officiellement intégrés. Selon les révélations du Financial Times, confirmées par plusieurs médias français, la Commission européenne distribue des « burner phones », des téléphones jetables intraçables, ainsi que des ordinateurs portables basiques à son personnel en mission à Washington. Ces appareils sont strictement réservés à un usage temporaire et ne contiennent aucune donnée personnelle.


De plus, les téléphones personnels doivent être éteints dès l’arrivée à la frontière américaine et placés dans des étuis blindés anti-espionnage, afin de bloquer toute tentative d’intrusion à distance. Ce protocole, déjà en vigueur pour les voyages vers Pékin, est désormais la norme pour l’Oncle Sam. L’Europe trace une ligne claire : l’espionnage ne connaît plus de frontières, même parmi les « alliés ».


Quand Washington devient un « risque comme les autres »


La décision a fait l’effet d’un électrochoc diplomatique, preuve d’un climat de tension et de suspicions technologiques entre Bruxelles et Washington. Le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche ravive les tensions transatlantiques.


Dans un climat où des agents américains fouillent désormais les appareils électroniques à la frontière, l’Europe a cessé de faire confiance à la bonne volonté de son partenaire atlantique.
Ainsi, les réunions du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, prévues du 21 au 26 avril 2025 à Washington, serviront de test grandeur nature à ce dispositif. Trois hauts fonctionnaires européens appliqueront pour la première fois le nouveau protocole anti-espionnage.

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