Un accord bilatéral inédit a été signé entre les États-Unis et le Panama, autorisant le déploiement de militaires américains autour du canal de Panama. Ce compromis sensible exclut toutefois la création de bases permanentes, pour éviter de réveiller les douleurs historiques du pays.
Panama :un déploiement militaire américain sous contrôle
Après des négociations particulièrement délicates, Washington et Panama viennent de conclure un accord inédit qui permet aux troupes américaines d’utiliser certaines zones stratégiques près du canal de Panama. Valable initialement pour trois ans renouvelables, ce texte prévoit que les militaires américains pourront effectuer des opérations de formation, des entraînements conjoints et des missions à caractère humanitaire. Aucun site militaire permanent ne pourra cependant être installé, une exigence ferme du gouvernement panaméen.
Le Panama garde ainsi la pleine souveraineté sur les installations mises à disposition, et ces dernières resteront sous contrôle panaméen. Il s’agit donc d’une utilisation conjointe, où les forces panaméennes garderont un droit de regard permanent sur les activités américaines. Cette limitation constitue une mesure destinée à rassurer l’opinion publique panaméenne, marquée par une longue histoire d’interventions américaines dans la région.
Un contexte géopolitique tendu
Cet accord s’inscrit dans une stratégie américaine plus large visant à renforcer son influence en Amérique centrale, face à la montée en puissance de la Chine. L’administration américaine actuelle considère le canal comme une priorité stratégique essentielle pour sécuriser ses intérêts économiques et commerciaux. Washington reproche notamment à Pékin d’avoir étendu trop largement son influence économique sur cette zone critique du commerce mondial.
Par ailleurs, les autorités panaméennes restent prudentes face aux ambitions affichées par les États-Unis, notamment à cause des tensions internes que ce type d’accord peut générer. Le souvenir de la présence militaire américaine jusqu’à la restitution complète du canal en 1999 reste encore vif chez les Panaméens. Plusieurs organisations syndicales et politiques locales ont déjà manifesté leur opposition, évoquant une menace pour la souveraineté nationale et qualifiant cette initiative de « recul historique ».








