Quand la cuisine flirte avec la science-fiction : Le miso spatial dévoile ses mystères

Saviez-vous que le miso a été fermenté dans l’espace ?

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La fermentation du miso dans l'espace : un nouveau défi culinaire
Quand la cuisine flirte avec la science-fiction : Le miso spatial dévoile ses mystères © Armees.com

L’exploration spatiale repousse toujours les limites de la science et de la technologie, et cette fois, c’est la cuisine qui se retrouve sous les projecteurs en orbite. La fermentation du miso, ce condiment traditionnel japonais, a été expérimentée à bord de la Station spatiale internationale (ISS), ouvrant ainsi la voie à une nouvelle manière de manger dans l’espace. Cette étude, publiée le 2 avril dans la revue iScience, représente une avancée intéressante pour améliorer le quotidien des astronautes lors de missions de longue durée.

Le miso, un petit trésor japonais

Le miso, c’est bien plus qu’un condiment. Il occupe une place centrale dans la cuisine japonaise. Obtenu par fermentation de graines de soja cuites avec du sel et du kōji (riz fermenté, pour info), il varie selon les régions du Japon, chaque recette offrant sa petite touche personnelle. Habituellement, ce processus de fermentation dure environ six mois, ce qui permet aux saveurs umami de se développer avec le temps. De plus, les aliments fermentés comme le miso sont riches en probiotiques bénéfiques pour la digestion.

Une première expérience à bord de l’ISS

En mars 2020, un petit récipient contenant de la pâte de soja cuite a été envoyé sur l’ISS pour y être fermenté pendant 30 jours. En parallèle, deux autres échantillons ont été fermentés sur Terre : l’un à Cambridge, dans le Massachusetts, et l’autre à Copenhague, au Danemark. Ces récipients étaient équipés de capteurs mesurant divers paramètres environnementaux, comme la température, l’humidité, la pression et les radiations. Dans l’espace, la température était d’environ 36° Celsius, contre 23° C à Cambridge et 20° C à Copenhague.

Des objectifs précis et des résultats prometteurs

Les chercheurs avaient pour but d’élargir les options culinaires pour les astronautes tout en vérifiant comment la microgravité et les radiations influent sur le métabolisme des microbes, similaires aux composés organiques découverts sur Mars. Joshua D. Evans explique : « Il y a certaines caractéristiques de l’environnement spatial en orbite terrestre basse — en particulier la microgravité et l’augmentation des radiations — qui pourraient modifier la croissance et le métabolisme des microbes. » Les résultats montrent que le miso fermenté dans l’espace conservait son goût umami reconnaissable, tout en développant une saveur plus grillée et noisette, fruit de son voyage spatial.

Les chercheurs ont aussi noté des différences marquées dans les communautés bactériennes entre les échantillons spatiaux et terrestres, avec l’identification d’une espèce bactérienne unique dans le miso fécondé en orbite. De surcroît, une plus grande présence de pyrazines a été détectée dans le miso spatial, ainsi que davantage de mutations génétiques dans le kōji utilisé.

Cette recherche soulève des questions d’ordre social et culturel sur notre présence dans l’espace. Maggie Coblentz souligne que « la fermentation illustre comment un système vivant à l’échelle microbienne peut prospérer grâce à la diversité de sa communauté microbienne ». Cette expérience pourrait non seulement améliorer le quotidien des astronautes, mais aussi ouvrir la voie à une nouvelle expression culinaire, enrichissant notre panorama culturel dans l’espace.

D’autres initiatives alimentaires ont déjà eu lieu sur l’ISS, comme la culture de laitues ou même une célébration des premiers piments chiliens cultivés en orbite en 2021. Par ailleurs, une entreprise japonaise prépare l’envoi d’un saké spécial fermenté dans l’espace d’ici 2025.

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