Dans le monde de l’art, découvrir quelque chose de jamais vu fait toujours sensation. Récemment, un événement hors du commun a captivé amateurs et experts : on a mis au jour une œuvre inconnue du célèbre peintre romantique Eugène Delacroix. Ce coup de théâtre, orchestré par le commissaire-priseur français Malo de Lussac, concerne une toile à l’huile intitulée « Étude de lions couchés », retrouvée lors du contrôle du contenu d’une propriété en Touraine, près de Tours révèle La Nouvelle République.
Un chef-d’œuvre retrouvé
La toile mesure 61 cm sur 50 cm et représente sept lions, peints dans des tons riches d’ocre et de bruns profonds. Six des lions sont finement détaillés, tandis que le septième apparaît avec des lignes plus esquissées. Ce qui rend cette œuvre vraiment surprenante, c’est la technique employée par Delacroix, qui était surtout connu pour ses études au fusain. La version huile, donnant à la toile un rendu qui frôle le dessin, est pour le moins atypique. Comme le souligne Malo de Lussac dans LeParisien : « Une étude à l’huile de Delacroix, c’est très rare. C’est un peintre qui réalisait surtout ses études au fusain. »
Appartenant à la même famille depuis le milieu du XIXe siècle et n’ayant pas été exposée depuis 1864, la peinture va prochainement être mise aux enchères. L’estimation se situe autour de 330 000 $ (soit entre 200 000 et 300 000 euros). Selon Malo de Lussac « C’est une estimation pour un travail quasi inconnu. Le vrai prix, ce sont les collectionneurs intéressés qui le donneront » relate LeParisien.
Delacroix et sa passion pour les bêtes
Né en 1798 et décédé en 1863, Eugène Delacroix est l’une des figures majeures du romantisme au XIXe siècle. Il a fait ses débuts au Salon de Paris en 1822 avec « La Barque de Dante ». Sa fascination pour le règne animal, notamment les lions, est bien connue. En effet, il fréquentait régulièrement la ménagerie du Jardin des Plantes à Paris pour admirer ces créatures impressionnantes.
L’artiste s’intéressait également à la taxidermie et assistait à des dissections d’animaux afin de mieux comprendre leur anatomie. Il soulignait l’importance de regarder le monde vivant plutôt que de se contenter des reproductions humaines en déclarant : « Combien il est nécessaire de… sortir la tête dehors et essayer de lire à partir de la création. »
La découverte est bien accompagnée : on a retrouvé un certificat daté de 1973, signé par le collectionneur Pierre Dieterle, ainsi qu’une lettre de 1966 écrite par Lee Johnson, expert reconnu de Delacroix. Le dos de la peinture arbore aussi un sceau de cire, preuve de sa vente lors d’un atelier posthume.
« Étude de lions couchés » sera présentée à l’Hôtel Drouot avant d’être vendue aux enchères le 28 mars. Ce retour inattendu d’une œuvre oubliée offre une belle fenêtre sur le talent polyvalent d’Eugène Delacroix et donne aux collectionneurs l’opportunité d’acquérir une pièce vraiment rare et chargée d’histoire.








