La mise au jour récente de figurines en argile sur le site archéologique de San Isidro, à environ 50 kilomètres à l’ouest de San Salvador, jette une lumière toute nouvelle sur les pratiques et rituels des civilisations mésoaméricaines d’antan, tout comme cette découverte archéologique majeure en Espagne. Datant d’environ 2 400 ans (entre 410 et 380 av. J.-C.), ces pièces offrent une fenêtre originale sur la vie sociale et religieuse des peuples ayant habité cette région, jadis considérée comme la limite sud de la civilisation maya.
Un trésor perché en haut d’une pyramide
Les cinq figurines ont été exhumées non loin du sommet d’une pyramide en ruine. Les archéologues Jan Szymański et Gabriela Prejs de l’Université de Varsovie ont orchestré cette fouille, dont les résultats ont été diffusés dans la revue Antiquity. Cette trouvaille confirme le rôle de San Isidro comme un carrefour dynamique, reliant le monde maya à d’autres peuples d’Amérique centrale.
Les figurines, connues sous le nom de figurines Bolinas, se composent notamment d’une statue masculine d’environ 30 centimètres ornée de tatouages faciaux bien marqués. Deux figurines d’envergure représentent des femmes chauves, tandis que deux plus petites, l’une mesurant presque 18 centimètres et l’autre environ 10 centimètres, présentent des femmes arborant des mèches sur le front. À leur découverte, aucune de ces statues ne portait de vêtements.
Des expressions animées et des rites inscrits
Ces objets ne se distinguent pas seulement par leur ancienneté, mais aussi par leur finition bien travaillée. Les têtes des grandes figurines sont mobiles et leurs expressions varient selon l’angle de vue. Cette particularité pourrait bien avoir servi à rendre les cérémonies plus vivantes, comme le suggère l’archéologue Joyce Marcus.
Les chercheurs pensent que ces figurines étaient employées comme sortes de marionnettes pour rejouer des événements mythologiques ou historiques durant des cérémonies publiques, illustrant ainsi les pratiques culturelles anciennes de ces civilisations.
La mise au jour de ces figurines fait douter de la vision selon laquelle l’ancien Salvador serait resté isolé. Des objets similaires découverts ailleurs en Amérique centrale montrent que cette région faisait partie d’un vaste réseau d’échanges, tant sur le plan commercial que culturel.
L’histoire précolombienne du Salvador reste encore mal connue, notamment à cause de la densité de la population actuelle et des éruptions volcaniques passées qui ont enseveli de nombreux sites archéologiques. Cependant, ces nouvelles trouvailles laissent penser que les anciens habitants entretenaient des liens étendus avec des peuples du Nicaragua, du Panama et du Costa Rica.








