Une agence fédérale américaine ferme ses portes après huit années de lutte acharnée contre une menace invisible, mais omniprésente : la désinformation. Cette fermeture, fruit de décisions budgétaires controversées, révèle bien plus qu’un simple conflit financier.
Le Global Engagement Center, bien que méconnu du grand public, incarnait une réponse à la montée des campagnes d’influence étrangères.
Agence contre la désinformation : une fermeture au parfum politique
Le Global Engagement Center (GEC), organe spécialisé dans la lutte contre la désinformation étrangère, a cessé ses activités. Avec un budget de 61 millions de dollars et 120 employés, l’agence ciblait des campagnes d’ingérence menées par des puissances étrangères comme la Chine et la Russie. Pourtant, sa fermeture ne découle pas d’un manque de pertinence, mais bien d’un bras de fer au sein du Congrès. Le 24 décembre 2024, les républicains, majoritaires à la Chambre des représentants, ont refusé de prolonger son financement, estimant que l’agence servait à « surveiller » les citoyens américains. Une affirmation fortement contestée par ses dirigeants, qui revendiquent une mission strictement tournée vers l’extérieur.
Elon Musk s’est particulièrement distingué par ses critiques virulentes à l’encontre du GEC. Qualifiant l’agence de « menace pour la démocratie », le milliardaire et soutien affiché de Donald Trump a pesé lourd dans le débat public. Ses accusations ? Une censure déguisée qui viserait à influencer l’opinion des conservateurs américains. Ces propos trouvent écho dans une frange républicaine, renforçant l’idée que le GEC aurait outrepassé son rôle. Pourtant, des experts insistent : sans cette agence, les États-Unis perdent un rempart clé contre la désinformation orchestrée par des États rivaux.
La guerre de l’ombre : Chine et Russie en ligne de mire
Depuis sa création en 2016, le GEC s’était imposé comme un acteur majeur dans la lutte contre les ingérences numériques. Selon un rapport, en 2022, la Chine investirait des milliards de dollars pour diffuser de la désinformation et affaiblir la liberté d’expression mondiale. La Russie, de son côté, utilisait des tactiques similaires, visant notamment à influencer les démocraties occidentales. Les campagnes orchestrées par ces puissances ne se limitaient pas à des fausses informations ; elles cherchaient à fracturer les sociétés, à semer le doute et à polariser les opinions publiques.
Si des efforts pour contrer la désinformation subsisteront, cette fermeture symbolise un affaiblissement dans la lutte contre les manipulations numériques. En juin 2024, James Rubin, alors responsable de l’agence, avait lancé un organisme multinational à Varsovie pour contrer la propagande russe liée à la guerre en Ukraine.







